ANALYSE DE DOCUMENT(S) EN HISTOIRE

 

DÕaprs le sujet donnŽ en Nouvelle-CalŽdonie – TS – Novembre 2016

Mise en forme du sujet – Arnaud LEONARD – La RŽunion

 

 

LES MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE : LE TOURNANT DES ANNEES 1990-2000

 

Consigne : En vous aidant du document, vous montrerez en quoi la prŽsidence de Jacques Chirac marque un tournant, entre hŽritage et renouvellement, dans l'histoire des mŽmoires de la Seconde Guerre mondiale.

 

Document - Jacques Chirac inaugure le MusŽe Charles-de-Gaulle ˆ Paris, le 18 juin 2000 : rŽflexions d'une journaliste sur la politique mŽmorielle du prŽsident de la RŽpublique.

 

En consacrant une aile du musŽe des Invalides ˆ la Seconde Guerre mondiale, le chef de lՃtat poursuit son Į devoir de mŽmoire Č.

Le prŽsident de la RŽpublique avait promis ce musŽe ds la fin 1995 aux quelque quatre mille survivants de la France libre. Il voulait y voir figurer les images dÕune France hŽro•que et courageuse au cĪur du chaos de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi celles de la collaboration. Dimanche 18 juin, aprs la traditionnelle cŽrŽmonie de recueillement au mont ValŽrien, Jacques Chirac devrait donc, enfin, inaugurer le MusŽe Charles-de-Gaulle, Į Seconde Guerre mondiale, France libre, France combattante Č, qui occupera dŽsormais une aile du MusŽe militaire des Invalides, quatrime musŽe franais pour sa frŽquentation.

CÕest la premire fois que seront montrŽes, dans un musŽe militaire, les images glorieuses de la RŽsistance mlŽes ˆ celles, plus sombres, de la dŽb‰cle puis de Vichy. M. Chirac a fait de ce Į devoir de mŽmoire Č un des aspects marquants de sa prŽsidence. Ds son arrivŽe ˆ lՃlysŽe, le prŽsident a en effet montrŽ que, sÕil continuait de revendiquer le parrainage gaulliste, il entendait aussi rompre avec lÕhistoire magnifiŽe dÕune France ayant hŽro•quement gagnŽ sa place aux c™tŽs des vainqueurs. Le chef de lՃtat, cŽdant au symbole, a ainsi fait revenir dans son bureau le mobilier du gŽnŽral de Gaulle. Mais, moins de trois mois aprs son Žlection, le 16 juillet 1995, jour du 53e anniversaire de la rafle du VŽlÕ dÕHivÕ, il a provoquŽ dans les rangs de son propre camp une sorte de sŽisme idŽologique, historique et politique. Le choc tenait en une phrase : Į Oui, la folie criminelle de lÕoccupant a ŽtŽ, chacun le sait, secondŽe par des Franais, secondŽe par lՃtat franais. Č (...)

Depuis, M. Chirac nÕa jamais cessŽ dÕappeler les Franais ˆ regarder leur histoire Į en face Č. Inaugurant, en 1997, le mŽmorial des Justes, en plein procs Papon, le prŽsident a ainsi redit : Į Notre pays doit assumer toute son histoire. Le blanc comme le gris. Les heures de gloire comme les zones dÕombre. Pour cela, pour b‰tir son avenir sur des bases plus claires, il accomplit aujourdÕhui un difficile travail de mŽmoire. Č En ce 18 juin 2000, il devrait encore insister sur ce Į devoir de mŽmoire Č, mme sÕil ne manque pas dÕexalter les valeurs qui ont fondŽ la RŽsistance : le courage, lÕhŽro•sme, lÕhonneur. (...)

Plusieurs des derniers reprŽsentants de la France libre, pour la plupart octogŽnaires, devraient tre prŽsents lors de lÕinauguration. (...)

 

Rapha‘lle BacquŽ, Į Jacques Chirac et l'inauguration du MusŽe Charles-de-Gaulle Č, Le Monde, 18 juin 2000