EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné en Polynésie – Série S - Juin 2006

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Extrait du discours prononcé par Mikhaïl Gorbatchev lorsqu'il reçut le prix Nobel de la paix le 5 juin 1991.

 

« Un terme a été mis à la « Guerre froide ». Le danger d'une guerre nucléaire mondiale a pratiquement été écarté. Le « rideau de fer » a été levé. L'Allemagne s'est réunifiée, ce qui constitue un tournant dans l'histoire de l'Europe. Il n'y a plus sur le continent un seul pays qui ne se considère comme entièrement souverain et indépendant.

L’URSS et les États-Unis, les deux super-puissances nucléaires, ont parcouru le chemin qui mène de la confrontation à la coopération et même, en certains cas importants, au partenariat exerçant ainsi une influence déterminante sur tout le climat international. (...)

Bien entendu, la progression vers la civilisation du XXIe siècle ne sera ni simple, ni facile. (...)

On distingue déjà bien des obstacles et des périls sur la voie qui conduit à une paix durable :

- la recrudescence du nationalisme, du séparatisme, des processus de désintégration dans différents pays et régions du monde ;

- la différence grandissante de niveau et de qualité du développement socio-économique entre pays « riches » et pays « pauvres » : les conséquences redoutables de la pauvreté de centaines de millions d'êtres humains en un temps où les média permettent de voir le mode de vie des pays développés. D'où la violence et la férocité inouïes, disons le fanatisme, des mouvements massifs de protestation. Cela offre un terrain propice au développement du terrorisme, à l'émergence et au maintien des régimes dictatoriaux dont le comportement, dans les relations interétatiques, est imprévisible (...).

Comment la communauté mondiale peut-elle faire face à toutes ces tâches, qui sont d'une incroyable complexité ? (...)

Connaissance et confiance sont les piliers du nouvel ordre mondial. D'où, selon moi, la nécessité d'apprendre. D'apprendre à pronostiquer les processus dans différentes régions du globe en conjuguant, dans le cadre des Nations unies, les efforts des scientifiques, des philosophes, des spécialistes des sciences humaines. (...)

Optimiste, j'estime qu'ensemble nous pourrons aujourd'hui faire le bon choix, un choix dont l'importance sera à l'échelle de l'histoire mondiale, que nous ne laisserons pas échapper la grande chance qui s'offre au tournant du siècle et du millénaire, et que nous réussirons le difficile passage à un ordre mondial pacifique. Non pas l'équilibre des forces, mais celui des intérêts ; non pas le profit au détriment d'autrui, mais la recherche du compromis et de l'entente ; non pas la volonté de leadership, mais le respect de l'égalité : tels sont les éléments, à la portée d'hommes raisonnables et instruits par l'expérience du XXe siècle, qui pourront accélérer la marche du monde.

 

Source : Mikhaïl Gorbatchev, Avant-mémoires, O. Jacob, 1993.

 

Questions :

 

1. Qui est l'auteur du texte ?

2. Expliquez le passage souligné.

3. En vous appuyant sur des exemples précis, expliquez les menaces nouvelles qui pèsent sur le monde selon M. Gorbatchev.

4. D'après l'auteur, sur quels principes doit reposer le nouvel ordre mondial ?

5. Sa vision du nouvel ordre mondial s'est-elle révélée exacte ? Justifiez votre réponse à l'aide de quelques exemples.