EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné au Liban – Séries L-ES-S – Juin 2009

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

La situation internationale vue par le président J.F. Kennedy au début des années 1960.

 

 

 [...] Si juste et applicable que soit aujourd'hui cette déclaration d'indépendance(1), nous ferions bien de rendre hommage à un autre document historique élaboré dans ce hall - la Constitution des États-Unis. Car il met l'accent non sur l'indépendance, mais sur l'interdépendance - non sur la liberté individuelle d'un seul, mais sur la liberté indivisible de tous. Dans la plus grande partie du vieux monde colonial, la lutte pour l'indépendance touche à sa fin. Même dans les régions situées derrière le rideau de fer, ce que Jefferson(2) a appelé « la maladie de la liberté » semble encore être contagieuse. Avec la chute des anciens empires, moins de 2 % de la population du monde vit aujourd'hui dans des territoires officiellement appelés « dépendants ». [...] Les nations d'Europe occidentale, longtemps divisées par des dissensions plus aiguës qu'aucune de celles qui existèrent entre les treize colonies, se joignent les unes aux autres, cherchant, comme le firent nos ancêtres, à trouver la liberté dans la diversité et la force dans l'unité. Les États-Unis considèrent cette vaste entreprise avec espoir et admiration. Nous ne regardons pas une Europe forte et unie comme une rivale, mais comme une associée. Apporter une aide à ses progrès a constitué un objectif fondamental de notre politique étrangère pendant dix-sept ans. Nous croyons qu'une Europe unie sera capable de jouer un plus grand rôle dans la défense commune, de répondre plus généreusement aux besoins des nations plus pauvres, de se joindre aux États-Unis et à d'autres pays pour abaisser les barrières douanières, de résoudre les problèmes de devises et de marchandises, et de mettre en œuvre une politique coordonnée dans tous les autres domaines: économique, politique et diplomatique. [...] Agissant de notre propre mouvement, nous ne pouvons pas établir la justice à travers le monde, nous ne pouvons pas assurer sa tranquillité intérieure, ni pourvoir à sa défense commune, ni promouvoir la prospérité générale, ni garantir les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à nos enfants. Mais, unis aux autres nations libres, nous pouvons faire tout cela et plus encore. Nous pouvons aider les nations en cours de développement à rejeter le joug de la pauvreté. Nous pouvons équilibrer nos échanges et nos paiements mondiaux au plus haut niveau possible d'expansion. Nous pouvons mettre sur pied une force de dissuasion assez puissante pour prévenir toute agression. Et, en définitive, nous pouvons contribuer à l'avènement d'un monde où régnent le droit et le libre choix, un monde d'où seraient bannies la guerre et l'oppression.

 

Discours prononcé par le Président John F. Kennedy à l'Indépendance Hall, à Philadelphie le 4 juillet 1962, jour de fête nationale aux États-Unis.

 

(1)La déclaration d'indépendance des treize colonies d'Amérique du Nord en 1776.

(2) Jefferson : Auteur de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis en 1776 et Président des États-Unis de 1801 à 1809.

 

Questions

1.    Quels sont les éléments du modèle américain évoqués par le président Kennedy ?

2.    Expliquez la phrase soulignée.

3.    Relevez les propos du président Kennedy concernant la décolonisation et illustrez-les à l'aide de quelques exemples

4.    Pourquoi ce discours fait-il une place importante à l'Europe ?

5.    En quoi ce discours présente-t-il la vision que les Etats-Unis se font de leur rôle mondial ?