ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Amérique du Sud – Série S - Novembre 2006

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Sujet. Le non-alignement : quelle évolution, quelles limites ?

 

Documents

Document 1 : Communiqué final de la Conférence de Bandung (1955)

Document 2 : Tito, Nasser et Nehru à Brioni en 1956

Document 3 : Pays neutralistes et pays pro-occidentaux

Document 4 : Discours du colonel Kadhafi au sommet d'Alger (1973)

Document 5 : Message de Kofi Annan au sommet afro-asiatique de Djakarta (2005)

 

Première partie

Vous analyserez l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

 

1 - À partir des revendications exprimées à Bandung, indiquez au nom de quels grands principes la tutelle coloniale est remise en cause (document 1).

2 - En quoi consiste le non alignement ?

3 - Comment s'est prolongée la Conférence de Bandung (document 2 et 5) ?

4 - D'après le colonel Kadhafi quels problèmes le mouvement du « non-alignement » rencontre-t-il ? (document 4) ?

5 - Que propose Kofi Annan pour « bâtir un monde plus juste, plus libre » (document 5) ?

 

Deuxième partie :

À l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet :

« Le non-alignement : quelle évolution, quelles limites ? »

 

 

Document 1 :

Extrait du communiqué final de la Conférence de Bandung, 24 avril 1955

 

« La Conférence est d'accord :

1. Pour déclarer que le colonialisme, dans toutes ses manifestations, est un mal auquel il doit être mis fin rapidement,

2. Pour déclarer que la question des peuples soumis à l'assujettissement à l'étranger, à sa domination et à son exploitation constitue une négation des droits fondamentaux de l'homme, est contraire à la charte des Nations Unies et empêche de favoriser la paix et la coopération mondiales,

3. Pour appuyer la cause de la liberté et de l'indépendance de ces peuples,

4. Pour demander aux puissances intéressées qu'elles accordent la liberté et l'indépendance de ces peuples (...).

La Conférence afro-asiatique déplore la politique et les pratiques de ségrégation et de discrimination raciales qui forment la base du système politique et des rapports humains dans de vastes régions d'Afrique et dans d'autres parties du monde. Un tel comportement est non seulement une violation des droits de l'homme, mais encore une négation des valeurs essentielles de la civilisation et de la dignité de l'homme. »

 

 

Document 2 :

Les trois chefs de file du mouvement des non-alignés, Nasser, Tito et Nehru, à Brioni en 1956, préparent la future conférence de Belgrade

 

 

 

Document 3 :

Pays neutralistes et pays pro-occidentaux

 

 

 

Document 4 :

Allocution du colonel Kadhafi (dirigeant de la Libye) lors du 4e sommet des non-alignés à Alger en 1973

 

« Après plusieurs années d'existence du mouvement de non-alignement, nous avons malheureusement subi des échecs.

(...) Il suffit de constater que les pays promoteurs du mouvement de non-alignement -malheureusement, et pour des raisons de force majeure - ont pris des engagements que nous ne pouvons ni accepter, ni approuver; ils entretiennent même des alliances avec les grandes puissances.

Je ne voudrais pas mettre quelqu'un dans une situation délicate, mais vous savez tous ce que je veux dire, ce que j'entends par là.

Je constate également que, malheureusement, nous avons eu nous-mêmes recours à la force armée pour régler nos conflits.

Une autre remarque générale : des nuages planent sur des accords, des alliances, sur le fait de savoir qui est un ami, qui est ennemi. Je voudrais dire franchement qu'il y a dans le monde deux puissances importantes. J'entends par là les Etats-Unis d'Amérique et derrière eux le monde capitaliste, l'URSS avec derrière elle le monde communiste.

Mais étant donné que l'URSS représente une force et les Etats-Unis une autre, nous ne devons pas ignorer que leur position exige qu'une concurrence s'établisse entre eux et qu'il y ait recherche de zones d'influence et de domination, de zones favorables à la constitution de fronts pour se protéger les uns des autres. »

 

Source : Revue de politique internationale (cité dans le manuel d'Histoire, Terminale, Collection Jacques Marseille, NATHAN, 2004).

 

 

Document 5 :

Message de Kofi Annan (Ghanéen, Secrétaire général de l'ONU élu depuis 1997), aux participants au sommet afro-asiatique à Djakarta, le 22 avril 2005

 

« J'éprouve beaucoup de fierté, et même une certaine nostalgie, à participer à ce sommet. J'étais adolescent lorsque les dirigeants de mon continent, bravant pour certains la puissance coloniale, sont venus ici, en Indonésie, unir leurs forces à celles de leurs homologues asiatiques pour adopter la déclaration de Bandung. (...)

Il est maintenant temps d'agir en prenant des mesures concrètes et chiffrées permettant d'accomplir des progrès décisifs dans le domaine du financement du développement. J'ai fait d'importantes propositions concernant le commerce et l'allégement de la dette. Et j'ai exhorté tous les pays développés qui ne l'ont pas encore fait à s'engager à atteindre, d'ici à 2015, l'objectif convenu, à savoir allouer une aide publique au développement de 70 centimes (de dollar) pour chaque tranche de 100 dollars de revenu national brut. (...)

Le monde en développement a aussi beaucoup à gagner à l'adoption d'importantes mesures concernant la sécurité et les droits de l'homme. Vos peuples paient le plus lourd tribut à l'inaction lorsqu'il y a des violations massives des droits de l'homme, et sont les premiers à pâtir des pressions exercées sur les missions de maintien ou de consolidation de la paix et sur les mécanismes de l'ONU relatifs aux droits de l'homme. Ils souffrent plus que tout autre de la prolifération des armes légères et des mines terrestres. Us sont trop souvent les victimes des actes de terrorisme et de leurs conséquences. (...)

Si nous voulons bâtir un monde plus juste, plus libre et plus sûr pour tous ses habitants, il faut aussi que les institutions des Nations Unies reflètent le monde de 2005, et non celui de 1945. Ceci est particulièrement vrai du Conseil de sécurité. Je pense que le moment approche où les Etats membres devront prendre une décision visant à rendre le conseil plus représentatif, notamment en améliorant la représentation des pays en développement. »

 

Source : Internet News/fr-presse/docs/2005