ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné au Liban - Séries L-ES – Juin 2008

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Réalités et limites du Tiers-Monde de 1955 aux années 1970

 

Liste des documents :

Document 1 : Extraits du discours de clôture de Nehru à la conférence de Bandung, avril 1955

Document 2 : Les non-alignés entre les deux Grands, caricature de Plantu

Document 3 : Allocution de Julius Nyerere

Document 4 : Le Tiers-Monde dans les années 1970

Document 5 : L'évolution des prix des exportations

 

Première partie :

Vous analyserez I'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

1 - Définissez à l'aide des documents 1 et 3 la notion de Tiers-Monde.

2 - Par quels moyens les pays du Tiers-Monde font-ils entendre leurs revendications ? (Documents 1 et 3)

3 - Expliquez la distinction faite par Nehru entre la situation de l'Asie et celle de l'Afrique. (Document 1)

4 - A l'aide des documents 3 et 5 expliquez la phrase soulignée dans le document 3.

5 - Montrez la diversité des Etats du Tiers-Monde dans les années 1970. (Documents 2, 3 et 4)

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Réalités et limites du Tiers-Monde de 1955 aux années 1970

 

 

Document 1:

Extraits du discours de clôture par Nehru à la conférence de Bandung

 

II n'y a plus d'Asie soumise (...). Nous sommes résolus à n'être d'aucune façon dominés par aucun pays, par aucun continent. Nous sommes des grands pays du monde et voulons vivre libres sans recevoir d'ordres de personne. Nous attachons de l'importance à l'amitié des grandes puissances, mais (...) à l'avenir, nous ne coopérerons avec eux que sur un pied d'égalité. C'est pourquoi nous élevons notre voix contre l'hégémonie et le colonialisme dont beaucoup d'entre nous ont souffert pendant longtemps. Et c'est pourquoi nous devons veiller à ce qu'aucune autre forme de domination ne nous menace. Nous voulons être amis avec l'Ouest, avec l'Est, avec tout le monde. Le seul chemin qui mène droit au cœur et à l'âme de l'Asie est celui de la tolérance, de l'amitié et de la coopération. (...)

Je pense qu'il n'y a rien de plus terrible que l'immense tragédie qu'a vécue l'Afrique depuis quelques siècles, (...) depuis l'époque où des millions d'Africains ont été expédiés comme esclaves en Amérique ou ailleurs (...). Nous devons tous accepter la responsabilité de ce drame, oui tous, même si nous ne sommes pas directement compromis. (...) Malheureusement même aujourd'hui, le drame de l'Afrique est plus grand que celui d'aucun autre continent tant au point de vue racial que politique. Il appartient à l'Asie d'aider l'Afrique au mieux de ses possibilités, car nous sommes des continents frères.

 

Discours de Nehru, 24 avril 1955.

 

 

Document 2 :

Dessin de  Plantu

 

 

Source : dessin de  Plantu  paru dans l'album  « pauvres chéris »Editions du Centurion, 1978.

 

Document 3 :

Allocution de Julius Nyerere

 

Extraits de l'«Allocution présentée par le Président de la République-Unie de Tanzanie, Son Excellence Mwalimu Julius Nyerere, devant la quatrième réunion ministérielle du Groupe des 771, 12 février 1979 ».

 

« Le système actuel a été institué par les Etats industrialisés pour servir leurs intérêts. C'est là un fait historique, et non un jugement moral ! Il en résulte que le groupe des nations industrialisées - qui agissent bien en tant que groupe quand elles traitent avec les autres pays - tient les leviers des finances et des échanges internationaux et dispose aussi des richesses accumulées par des siècles de colonisation (...), grâce aussi à une avance initiale dans les techniques de production de masse. Là encore, il s'agit de faits, non de jugement moraux. Si la morale a un rôle à jouer dans cette affaire, et tel est bien mon avis, ce rôle concerne l'avenir. Car nous, le Tiers-Monde, nous exigeons maintenant que l'on change les systèmes qui enrichissent les riches et appauvrissent les pauvres, cela pour rester à l'heure des changements intervenus dans le monde : la fin du colonialisme, les progrès de la technologie et l'aspiration nouvelle de l'humanité à l'égalité et à la dignité humaine. (...)

Les pays membres de l'OPEP se sont unis pour fixer le prix du pétrole en 1973. Cet acte historique, qui a secoué le monde, a sensiblement amélioré le pouvoir de négociation des pays exportateurs de pétrole et a encouragé les autres de matières premières. Cependant (...), si puissant soit-il, un syndicat qui défend les intérêts d'une fraction seulement des travailleurs d'une entreprise ne peut, à lui seul, changer quant au fond les relations entre employeurs et employés. »

 

Source : Elikia M'Bokolo, Afrique noire. Histoire et civilisations du XIXe siècle à nos jours, Paris, Hatier/AUF, 2004, p. 503.

 

 

Document 4 :

Le Tiers-Monde dans les années 1970

 

 

Part de la main-d'œuvre agricole dans la population active en 1970 en %

Part de la production manufacturière dans le P.I.B. en 1970

Dans l'ensemble des pays en développement

65

18

Dans les pays les moins avancés seulement

84

9

 

 

 

Accroissement annuel du P.I.B. en %

Accroissement annuel du P.I.B. par habitant en %

 

 

1960-1970

1971-1972

1960-1970

1971-1972

Ensemble des pays en voie de développement

5,1

5,9

2,4

3

Pays les moins avancés

3,5

2,7

1,1

0,2

 

Source : d'après Edmond JOUVE, Relations internationales du Tiers-Monde, Paris, Berger-Levrault, 1976, p. 24

 

 

Document 5 :

L’évolution des prix des exportations