ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Asie - Séries L-ES – Juin 2007

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Comment ont évolué les relations internationales au cours des années 1960 ?

 

Liste des documents :

 

Document 1 : Les rapports Est-Ouest en 1961.

Document 2 : De Gaulle et l'OTAN.

Document 3 : L'intervention des forces du Pacte de Varsovie à Prague en août 1968.

Document 4 : La détente vue par Richard Nixon.

Document 5 : Déclaration du chancelier Willy Brandt au Bundestag le 29 octobre1969.

 

Première partie :

Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions :

1. Quelle est la situation internationale au début des années 1960 ? (documents 1 et 2)

2. Pourquoi les États-Unis et l'URSS connaissent-ils un affaiblissement relatif ? (documents 2 et 3)

3. Quelle politique nouvelle propose le président Nixon ? (document 4)

4. En quoi le discours du chancelier Brandt annonce-t-il une évolution en Europe ? (document 5)

5. Dans quelle mesure la détente s'inscrit-elle toujours dans le contexte général de la guerre froide ? (documents 2, 3, 4 et 5)

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Comment ont évolué les relations internationales au cours des années 1960 ?

 

 

Document 1:

Les rapports Est-Ouest en 1961

 

 

N. MANSBRIDGE, « Discussion vitale », paru dans le journal britannique Punch, septembre 1961.

 

 

Document 2

De Gaulle et l'OTAN

 

« Tandis que se dissipent les perspectives d'une guerre mondiale éclatant à cause de l'Europe, voici que des conflits où l'Amérique s'engage dans d'autres parties du monde, comme avant-hier en Corée, hier à Cuba, aujourd'hui au Vietnam, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l'Europe, dont la stratégie est, dans l'OTAN, celle de l'Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu. La volonté qu'a la France de disposer d'elle-même, volonté sans laquelle elle cesserait bientôt de croire en son propre rôle et de pouvoir être utile aux autres, est incompatible avec une organisation de défense où elle se trouve subordonnée. »

 

Source : Charles de Gaulle, Président de la République, conférence de presse, 21 février 1966. D'après G. Bourel et M. Chevallier, Histoire, Terminale L/ES, Hatier, 2004, p. 330.

 

 

Document 3 :

L'intervention des forces du Pacte de Varsovie à Prague en août 1968

 

 

Source : Magnum, Joseph Koudelka, 1968.

 

 

Document 4 :

La détente vue par Richard Nixon

 

« L'objectif principal de la détente est d'éviter la guerre nucléaire. Mais la détente ne saurait y parvenir à elle seule. Il faut lui associer une puissance suffisante pour maintenir l'équilibre nucléaire, ainsi que la capacité et la détermination proclamée des États-Unis d'empêcher toute agression soviétique.

La rivalité est un élément inévitable des relations américano-soviétiques, mais une certaine coopération est possible et, en fait, essentielle. La détente était une tentative de développer l'élément de coopération et de déterminer certaines limites à l'élément de rivalité. Elle n'invite pas à un relâchement de la part des États-Unis, ni à une réduction de l'opposition aux tentatives que font les Soviétiques pour développer leurs intérêts aux dépens des nôtres. La détente autorisait l'espoir, elle ne justifiait pas l'euphorie [...].

Brejnev, au cours de ses conversations avec moi [...], même dans ses moments de conciliation extrême, n'a jamais reculé sur le principe de base du soutien des « guerres de libération » de l'Union soviétique [...]. Les dirigeants soviétiques ont proclamé une intensification de la « guerre idéologique » [...]. En réalité, pour obtenir la coopération des dirigeants du Kremlin, il nous fallait montrer que nous étions capables d'opposition efficace si nous y étions contraints. »

 

Source : Richard Nixon, La vraie guerre, Albin Michel, 1980, dans J.M. Gaillard, Terminales L-ES, éditions Bréal, 2004, p. 100. 

 

 

Document 5 :

Déclaration du chancelier Willy Brandt au Bundestag.*

 

« La tâche de la politique dans les prochaines années sera de sauvegarder l'unité de la nation en veillant à mettre fin à l'état de crispation actuelle qui caractérise les relations entre les deux parties de l'Allemagne.

Vingt ans après la fondation de la République fédérale d'Allemagne et de la RDA, nous devons éviter que les deux parties de la nation allemande ne deviennent de plus en plus étrangères l'une à l'autre, c'est-à-dire, par un voisinage ordonné, aboutir à une vie en commun.

Il ne s'agit pas seulement ici d'un intérêt allemand, car il a aussi son importance pour la paix en Europe et pour les relations Est-Ouest. Notre attitude -et celle de nos amis- à l'égard des relations de la RDA dépend pour une bonne part de l'attitude de Berlin-Est.[...]

Même s'il existe deux États en Allemagne, ils ne sont pas pour autant des pays étrangers l'un pour l'autre ; les relations qu'ils entretiennent entre eux ne peuvent être que d'une nature particulière [...]. Le gouvernement fédéral déclare que la volonté d'aboutir à des accords valables sur la renonciation mutuelle au recours à la force ou à la menace du recours à la force, s'applique aussi à la RDA.

Le gouvernement fédéral conseillera aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à la France de poursuivre énergiquement les négociations entamées avec l'Union soviétique sur l'allégement et l'amélioration de la situation de Berlin. Il ne doit pas être porté atteinte au statut de la ville de Berlin qui est placée sous la responsabilité spéciale des Quatre Puissances. Cela ne doit pas empêcher pour autant de rechercher des facilités pour la circulation à Berlin et vers Berlin... Il faut donner à Berlin-Ouest la possibilité de contribuer à améliorer les relations politiques, économiques et culturelles entre les deux parties de l'Allemagne ».

 

Source : Extraits de la déclaration de Willy Brandt, chancelier de la RFA, 29 octobre 1969, Bulletin de l'Office de presse du gouvernement fédéral.

 

* Le Bundestag est la Chambre des députés de la RFA.