ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Amérique du Nord – Série S - Juin 2007

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Sujet : L'émancipation des pays du Tiers-Monde : espoirs et réalités des années 1950 au milieu des années 1970

 

Liste de documents :

Document 1 : Discours de clôture de la conférence de Bandung, J. NEHRU (1955)

Document 2 : L'analyse d'un dirigeant africain, J. NYERERE (1995)

Document 3 : "Adieu le colonialisme !", F. BEHRENDT (début des années 1950)

Document 4 : Extraits des accords d'Evian (1962)

Document 5 : Affiche chilienne (1971)

 

Première partie :

Analysez l’ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

 

1 - Dégagez les différents points de vue qui s'expriment dans les documents.

2 - Quels changements politiques recouvre l'expression du document 2 "notre accession à l'indépendance" ? (Documents 1, 2, 3 et 4)

3 - Peut-on pour autant affirmer que les Etats du Tiers-Monde accèdent à l'émancipation politique ? (Documents 2, 3 et 4)

4 - Quels défis économiques et sociaux les pays du Tiers-Monde ont-ils à relever et que tentent-ils pour y parvenir ? (Documents 2, 4 et 5)

5 - Dégagez les aspects de la politique extérieure des pays du Tiers-Monde. (Documents 1 et 4)

 

Deuxième partie :

À l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet :

 

« L'émancipation des pays du Tiers-Monde : espoirs et réalités des années 1950 au milieu des années 1970 »

 

 

Document 1:

Discours de clôture de la conférence de Bandung (24 avril 1955)

 

"L'Asie n'est plus passive (...) Nous sommes résolus à n'être d'aucune façon dominés par aucun pays, par aucun continent. Nous ne sommes pas des "béni-oui-oui" qui disent "oui" à tel ou tel pays. Nous sommes des grands pays du monde et voulons vivre libres sans recevoir d'ordres de personne. Nous attachons de l'importance à l'amitié des grandes puissances, mais (...) à l'avenir nous coopérerons avec elles sur un pied d'égalité. C'est pourquoi nous élevons notre voix contre l’hégémonie et le colonialisme dont beaucoup d'entre nous ont souffert pendant longtemps. Et c'est pourquoi nous devons veiller à ce qu'aucune autre forme de domination ne nous menace. Nous voulons être amis avec l'Ouest, avec l'Est, avec tout le monde. (...)

Malheureusement, même aujourd'hui, le drame de l'Afrique est plus grand que celui d'aucun autre continent, tant au point de vue racial que politique. Il appartient à l'Asie d'aider l'Afrique au mieux de ses possibilités, car nous sommes des continents frères."

 

J. Nehru, "Speeches", New Delhi, 1949-1961

 

 

Document 2

L'analyse d'un dirigeant africain

 

"Nous nous sommes battus pour avoir notre drapeau et notre hymne national mais nous étions conscients que ce ne serait pas suffisant, qu'il nous faudrait aller plus loin si nous voulions construire une véritable nation indépendante.

La plupart des mouvements de libération en Afrique à l'époque n'avaient qu'une idéologie : être libres. Ils ignoraient bien souvent l'après : que faire une fois la liberté retrouvée ? Ce à quoi nous accordions la plus grande importance, tous, c'était nous gouverner nous-mêmes. Il n'est donc pas étonnant que certains aient décolonisé tout en gardant le système social et administratif du colonisateur. Il n'est pas étonnant non plus que, quelque temps après les indépendances, les populations aient commencé à se dire : "Est-ce ça, la liberté pour laquelle nous avons tant combattu ? A qui revient cette liberté pour laquelle nous avons tout donné ?" Ces questions sont devenues courantes après les indépendances.

Pendant notre lutte pour l'émancipation, nous étions conscients que l'indépendance ne serait pas tout, qu'elle ne serait pas le début du "Grand Soir", quïl resterait un long chemin à parcourir pour libérer notre peuple de la pauvreté, de la maladie, de l'ignorance, des préjugés.

(...)

Dès notre accession à l'indépendance, nous avons tenus à affirmer que le fondement de notre action intérieure et extérieure serait une tentative sincère dhonorer la dignité de 1 homme. Les défis à relever étaient nombreux."

 

Tiré de David Gakunzi et Ad'Obe Obe, Rencontres avec Julius Nyerere*. Paris, Descartes et Cie, 1995, pp. 43-44

 

* Julius NYERERE a été Premier Ministre à l'indépendance de la Tanzanie en 1961 puis élu Président de la République de 1962 à 1985.

 

 

Document 3

"Adieu le colonialisme !", par Fritz BEHRENDT pour un journal néerlandais (début des années 1950).

 

 

Note : le drapeau du personnage de droite comporte un marteau et une faucille.

 

 

Document 4 :

Extraits des accords d'Evian (mars 1962)

 

« - DE L'INDEPENDANCE DE L'ALGERIE

I. - L'État algérien exercera sa souveraineté pleine et entière à l'intérieur et à l'extérieur.

Cette souveraineté s'exercera dans tous les domaines, notamment la défense nationale et les affaires étrangères. L’État algérien se donnera librement ses propres institutions et choisira le régime politique et social qu'il jugera le plus conforme à ses intérêts. (.../...)

 

- DE LA COOPÉRATION ENTRE LA FRANCE ET L'ALGÉRIE

Les relations entre les deux pays seront fondées, dans le respect mutuel de leur indépendance, sur la réciprocité des avantages et l'intérêt des deux parties. (...) La France accordera à l'Algérie son assistance technique et culturelle et apportera à son développement économique et social une aide financière privilégiée.

1° Pour une période de trois ans renouvelable, l'aide de la France sera fixée dans des conditions comparables et à un niveau équivalent à ceux des programmes en cours. (...)

2° Dans les départements actuels des Oasis (...) la mise en valeur des richesses du sous-sol aura lieu selon les principes suivants : (...) Les intérêts français seront assurés notamment par: (...) la préférence, à égalité d'offre, aux sociétés françaises dans l'octroi de nouveaux permis miniers (...).

3° La France et l'Algérie développeront leurs relations culturelles (...).

La France apportera son aide à la formation de techniciens algériens. Des personnels français, notamment des enseignants et des techniciens, seront mis à la disposition du gouvernement algérien par accord entre les deux pays. »

 

 

Document 5 :

Affiche chilienne (1971)

 

"Le Chili met des pantalons longs. Maintenant, le cuivre est chilien".

 

 

Note : le drapeau visible sur le document est celui du Chili.

 

En 1971, le gouvernement chilien a nationalisé les mines de cuivre.