ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet « zéro » - Séries L-ES-S

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Le modèle soviétique, projets et réalités (1945-1991).

 

Document 1 : « Vive le grand étendard invincible de Marx-Engels-Lénine-Staline » ; affiche de A. Kossov, 1953.

Document 2 : « Être stalinien ». Extrait d’une conférence de Jacques Duclos, le 23 décembre 1949

Document 3 : Extraits du rapport secret de N.S. Khrouchtchev au XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, février 1956

Document 4 : Extrait de Michael Voslenski, La Nomenklatura, les privilégiés en URSS, Belfond, Paris, 1980.

Document 5 : Extrait du discours télévisé de Mikhaïl Gorbatchev, du 25 décembre 1991.

 

Première partie

Analyser l’ensemble documentaire en répondant aux questions :

1. Quels fondements et aspirations du modèle soviétique sont exprimés dans les documents 1 et 2 ?

2. D’après les documents 2 et 3, caractériser le « stalinisme ».

3. Quelles sont les critiques ou les insuffisances du modèle soviétique qui apparaissent dans les documents 3, 4 et 5 ?

4. Citer des aspects importants du modèle soviétique qui n’apparaissent pas dans cet ensemble documentaire ?

 

Deuxième partie

À l’aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet :

« Le modèle soviétique, projets et réalités (1945-1991) »

 

 

Document 1:

« Vive le grand étendard invincible de Marx-Engels-Lénine-Staline » ; affiche de A. Kossov, 1953.

 

 

Traduction des inscriptions sur les drapeaux :

1) En avant vers le communisme !

2) Gloire au Parti de Lénine-Staline !

3) Pour le bonheur des peuples !

 

 

Document 2

« Être stalinien ». Extrait d’une conférence de Jacques Duclos, dirigeant du Parti communiste français, le 23 décembre 1949

 

[...] Des centaines de millions d’hommes et de femmes saluent en Staline l’homme de la victoire sur la barbarie, l’homme de la paix qui lutte pour faire échec aux plans des fauteurs de guerre, l’homme du socialisme qui montre le chemin de l’avenir, le chemin d’une civilisation nouvelle fondée sur la disparition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Ils saluent en Staline l’homme de la libération des peuples coloniaux et dépendants, l’homme de l’indépendance et de la fraternité des nations.

Ils saluent en Staline l’homme du parti de type nouveau qui a permis de faire du rêve socialiste de nos pères une réalité triomphante.

Les peuples saluent en Staline le géant de la pensée et de l’action, le guide du mouvement ouvrier international, le modèle, l’exemple, le maître de tous les hommes d’avant-garde, de tous les prolétaires qui ont pour objectif la victoire de la liberté, de la paix et du socialisme.

Ce que certains considèrent comme un qualificatif qu’ils voudraient outrageant est pour nous un titre de gloire. [...]

 

 

Document 3 :

Extraits du rapport secret de N.S. Khrouchtchev au XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, février 1956

 

Staline avait renoncé à la méthode léniniste consistant à convaincre et éduquer ; il avait abandonné la méthode de la lutte idéologique pour celle de la violence administrative, des répressions de masse et de la terreur. [...]

Staline avait désigné comme étant le meilleur hymne national de l’Union soviétique celui qui ne contient pas un mot sur le Parti communiste mais qui contient l’éloge sans précédent de Staline. [...] Est-ce à l’insu de Staline que de nombreuses villes ou entreprises ont pris son nom ? [...]

Nous considérons que Staline a été encensé à l’excès. [...]

Nous ne pouvons dire que ses actes étaient ceux d’un despote pris de vertige. Il était convaincu que cela était nécessaire dans l’intérêt du Parti, des masses laborieuses pour défendre les conquêtes de la Révolution. C’est là que réside la tragédie !

 

 

Document 4:

Extrait de Michael Voslenski, La Nomenklatura, les privilégiés en URSS, Belfond, Paris, 1980 (l’auteur, soviétique, professeur à l’université de Moscou, a émigré en 1972).

 

Staline a mis en place cette “ nouvelle aristocratie ” – l’appareil – et lui a appris à régner. La classe dominante de l’URSS, la “ nouvelle classe ”, c’est la Nomenklatura [...].

Toute information sur les postes de la Nomenklatura est strictement secrète. Les listes de la Nomenklatura font partie des documents les plus confidentiels [...].

À la différence de la bourgeoisie, la propriété privée n’est pas le signe distinctif essentiel de la Nomenklatura. Héritière des révolutionnaires professionnels, la Nomenklatura n’est pas la classe des possédants. Elle est la classe des administrateurs. Administrer et exercer le pouvoir sont les deux fonctions essentielles de la Nomenklatura.

 

 

Document 5 :

Extrait du discours télévisé de Mikhaïl Gorbatchev, du 25 décembre 1991.

 

Le destin a voulu qu’au moment où j’accédais aux plus hautes fonctions de l’État, il était clair que le pays allait mal. Tout ici est en abondance : la terre, le pétrole, le gaz, le charbon, les métaux précieux, d’autres richesses naturelles, sans compter l’intelligence et les talents que Dieu ne nous a pas comptés, et pourtant nous vivons bien plus mal que dans les pays développés, nous prenons toujours plus de retard par rapport à eux.

La raison en était déjà claire – la société étouffait dans le carcan du système administratif de commande.

Condamnée à servir l’idéologie et à porter le terrible fardeau de la militarisation à outrance, elle était à la limite du supportable. Toutes les tentatives de réformes partielles – et nous en avons eu beaucoup – ont échoué l’une après l’autre. Le pays perdait ses objectifs. Il n’était plus possible de vivre ainsi. Il fallait tout changer radicalement.