ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné à La Réunion - Série S – Juin 2006

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Le monde depuis 1991 : ordre ou désordre ?

 

Liste des documents :

Document 1 : Le rôle nouveau des États-Unis après 1991.

Document 2 : Puissances et prolifération nucléaires en 2003.

Document 3 : Un point de vue sur l'évolution de la politique américaine depuis 2001.

Document 4 : Recul mondial de la violence.

 

Première partie :

Vous analyserez I'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

1.  Quels sont les facteurs de paix et de stabilité dans le monde d'après le Président Clinton ? (document 1).

2.  D'après la carte (document 2), en quoi la question nucléaire est-elle source d'ordre et de désordre depuis 1991 ?

3.  D'après l'auteur, quels changements majeurs caractérisent la politique américaine au Moyen-Orient depuis quelques années ? (document 3)

4.  Quels facteurs expliquent le « recul mondial de la violence » depuis le début des années 1990 ? (document 4)

5. Quels facteurs d'ordre et de désordre  n'apparaissent pas dans cet ensemble documentaire ?

 

Deuxième partie :

A I' aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Le monde depuis 1991 : ordre ou désordre ?

 

 

Document 1:

Le rôle nouveau des Etats-Unis après 1991

 

« Les États-Unis sont une puissance mondiale et ils ont des intérêts dans toutes les régions de la terre. Les États-Unis devront être actifs dans chaque aire qui se dessine aujourd'hui, pour contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour promouvoir la démocratie. Nous savons que les autres pays ont encore le regard tourné vers nous, non seulement à cause des dimensions et de la force de notre pays, mais pour ce que nous représentons et pour ce à quoi nous sommes disposés à nous opposer. Nous ne sommes pas, et nous ne pouvons pas être, le gendarme du Monde. Mais là où nos intérêts et nos idéaux le demandent, et quand nous aurons la possibilité de laisser notre empreinte, nous agirons et, si c'est nécessaire, nous assumerons le rôle de leader. [...] Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot montant de la démocratie et du libre marché sur tous les continents. Ceci est le reflet non seulement de nos idéaux, mais aussi de nos intérêts. Si un pays est démocratique, les probabilités qu'il engage une guerre contre un autre pays ou bien qu'il commette des abus envers des droits de son peuple diminuent. Et les probabilités qu'il soit un bon partenaire commercial et qu'il collabore avec nous pour combattre les nouvelles menaces que les démocraties doivent ensemble affronter (les États hors-la-loi, le terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de la drogue) augmentent. »

 

Bill Clinton*, entretien accordé à la revue française Limes, n° 1, 1997.

 

* Il est alors Président des Etats-Unis

 

 

Document 2

Puissances et prolifération nucléaires en 2003.

 

 

 

Document 3 :

Un point de vue sur l'évolution de la politique américaine depuis 2001

 

« Conséquence des événements du 11 septembre*, l'administration américaine se trouve désormais confrontée à nombre de problèmes moyen-orientaux qui, sans être complètement sans rapport avec les questions du terrorisme, ont leur propre dynamique. D'une part, la « guerre contre le terrorisme » tient désormais lieu de « grande stratégie » avancée par le président Bush en politique étrangère. [...]

Enfin, se développe parmi les élites américaines un consensus qui peut apparaître préoccupant à terme. Après le traumatisme des attentats, la vision d'une Amérique forte, unique puissance, préoccupée par ses problèmes - internes en général, mais désormais incluant la guerre contre le terrorisme -, et qui doit se défendre elle-même sans avoir à vraiment tenir compte des autres, s'est développée. Elle s'inscrit dans la vision d'eux-mêmes que les États-Unis ont développée depuis la fin des années 1990, celle d'un « empire » libéral et bienveillant à l'égard du reste du monde, qui intervient au service des autres. Ils semblent ne pas prendre conscience de la montée de l'anti-américanisme dans les sociétés du monde arabe ou des méfiances des dirigeants arabes - comme d'ailleurs des réserves des Européens. [...]

Au début du XXIe siècle, la  politique américaine introduit donc plus d'éléments de perturbation que d'ordre dans le système régional qu'elle prétend réguler. »

 

Philippe DROZ-VINCENT dans la revue Questions internationales, n°1, 2003.

 

* Attentats à New York et Washington en 2001.

 

 

Document 4:

Recul mondial de la violence

 

« Selon l'étude « Guerre et paix au XXIe siècle », le nombre de conflits armés a été réduit de 40 % depuis 1992. Malgré la Bosnie et le Rwanda, le nombre de génocides et autres massacres d'ampleur a, lui, chuté de 80 % depuis la fin de la guerre froide. Cette tendance forte, décrite en préambule du rapport par l'archevêque Desmond Tutu comme un « rare message d'espoir », renverse un demi-siècle d'augmentation du nombre des conflits armés et de leur cortège de violence, dans le sillage de la seconde guerre mondiale.

Au cours des dix dernières années, le nombre de réfugiés aurait chuté de 30 %. Les tentatives de coups d'État se raréfient aussi, avec 25 en 1963 contre 10 en 2004, qui ont toutes échoué.

Moins nombreuses, les guerres sont aussi moins meurtrières. En 1950, une guerre faisait en moyenne 38 000 morts, contre 600 en 2002. Les conflits opposent désormais rarement de lourdes armées sur un champ de bataille. Le plus souvent, « des forces gouvernementales faibles » font face à de « petites forces rebelles mal entraînées ». Il peut aussi s'agir d'opérations comme au Kosovo, où le déséquilibre des forces et l'utilisation de munitions précises assurent une victoire rapide et peu coûteuse en vies. A ce titre, la guerre en cours en Irak est, selon le rapport, « une exception », car « des dizaines de milliers de personnes ont été tuées ».

Mais les rapporteurs ont isolé un autre facteur expliquant la tendance : la fin de la paralysie de l'ONU. Entre 1990 et 2002, il y a eu six fois plus de missions de diplomatie préventive et quatre fois plus d'activités de rétablissement de la paix. Les missions de maintien de la paix ont été multipliées par quatre en douze ans. Mieux que les progrès économiques ou la démocratisation (20 démocraties en 1946, contre 88 en 2005), le regain d'activité des ONG, des organisations régionales et de l'ONU expliquent, selon le rapport, le recul mondial de la violence. »

 

Philippe Bolopion, Le Monde, 19 octobre 2005.