ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné aux Antilles-Guyane - Séries L-ES-S – Juin 2007

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet. Le tournant des années 1990 : une rupture dans les relations internationales

 

Liste des documents :

 

Document 1 : La nouvelle approche politique de l’URSS

Document 2 : Les opérations de paix de l’ONU, 1948-2005

Document 3 : Message sur l’état de l’Union prononcé devant le Congrès des Etats-Unis

Document 4 : Discours à l’inauguration de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)

Document 5 : « Sommet de la Terre », organisé par l’ONU, Rio, juin 1992, déclaration finale

 

Première partie :

Vous analyserez I'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

1. Quels caractères de la guerre froide sont remis en cause dans les documents 1 et 3 ?

2. A l’aide des documents 2 et 5, quelles évolutions le rôle de l’ONU a-t-il connu ?

3. D’après le document 3, quel rôle les Etats-Unis doivent-ils jouer dans les relations internationales ?

4. Expliquez la phrase soulignée dans le document 4 en vous appuyant sur les événements et évolutions évoqués par l’auteur.

5. Citez des éléments de rupture qui n’apparaissent pas dans cet ensemble documentaire.

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Le tournant des années 1990 : une rupture dans les relations internationales

 

Document 1 :

La nouvelle approche politique de l'URSS

 

« Il n'est plus possible de définir une politique sur les prémisses (1) de l'année 1947. Il est nécessaire de penser et d'agir d'une nouvelle manière [...]. La guerre nucléaire est insensée ; elle est irrationnelle. Il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu dans un conflit nucléaire généralisé : la civilisation mondiale périrait inévitablement [...]. La sécurité universelle à notre époque repose sur la reconnaissance du droit de chaque nation à choisir sa propre voie vers le progrès social, sur la renonciation à l'ingérence dans les affaires intérieures des autres États, sur le respect des autres combiné à une vision objectivement autocritique de notre propre société. Une nation peut choisir le capitalisme ou le socialisme. C'est son droit souverain. Les nations ne peuvent ni ne doivent calquer leur vie sur celle des États-Unis ou sur celle de l'Union soviétique. En conséquence, les positions politiques devraient être dénuées de toute intolérance idéologique. »

 

Mikhaïl Gorbatchev, Perestroïka, vues neuves sur notre pays et le monde, Flammarion, 1987.

 

1 : Prémisses : fait dont découle une conséquence.

 

 

Document 2 :

Les opérations de paix de l'ONU, 1948-2005

 

 

 

Document 3 :

Message sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès des États-Unis

 

« En tant qu'Américains, nous savons qu'il y a des moments où nous devons nous avancer et accepter nos responsabilités pour mener le monde loin du chaos sombre des dictateurs, vers une promesse plus lumineuse de jours meilleurs. La guerre du Golfe n'est pas une guerre que nous avons voulue. Nous avons travaillé dur pour éviter la guerre. Nous sommes sur la voie prévue. La capacité de l'Irak à soutenir une guerre est en train d'être détruite.[...] Nous gagnerons dans le Golfe. Et quand nous le ferons, la communauté mondiale aura envoyé un avertissement durable à tout dictateur ou despote, présent ou à venir, envisageant une agression hors-la-loi. Le monde peut saisir cette chance pour remplir la promesse tant attendue d'un nouvel ordre mondial où la brutalité sera sans récompense et où l'agression rencontrera une résistance collective...Oui les États-Unis supportent une part majeure dans la direction de cet effort. Seuls parmi les nations du monde, les États-Unis ont eu à la fois la stature morale et les moyens de la soutenir. Nous sommes le seul pays au monde qui pouvait rassembler les forces de la paix. Cela constitue le fardeau de la liberté - et la force qui a fait des États-Unis le phare de la liberté dans un monde en doute.[...]

Nos relations avec l'Union soviétique sont importantes, non seulement pour nous, mais pour le monde. Ce sont ces relations qui ont contribué à établir des changements historiques. »

 

George BUSH*, Message au Congrès, 29 janvier 1991

 

* Président des États-Unis de 1989 à 1992

 

 

Document 4 :

Discours   à   l'inauguration   de   la   Banque   européenne   pour   la reconstruction et le développement (BERD)

 

« Avec la transformation pacifique des régimes politiques dans les pays d'Europe centrale et orientale, la disparition du Pacte de Varsovie, l'unité de l'Allemagne, les progrès de la construction communautaire des Douze, [...] un nouvel ordre européen se met en place.[...] Quarante ans d'un certain isolement ont laissé des pays économiquement dévastés, dotés d'un appareil de production dépassé qui ne peut pas rentrer sans aide dans la compétition économique internationale. [...] Si les difficultés économiques s'aggravaient dramatiquement, si ces peuples du Centre et de l'Est de l'Europe étaient abandonnés à leur sort avec les difficultés que cela suppose, ils atteindraient le niveau qui convient, mais au bout de combien de temps ? En tout cas, ce sont leurs institutions démocratiques, souvent fragiles, on me permettra de le dire, qui seraient d'abord menacées... C'est une des raisons pour lesquelles nous avons décidé de créer la BERD, [...] première preuve concrète au-delà des discours toujours très prometteurs de la solidarité qui nous unit... Lorsque nous saurons organiser, protéger notre espace commun ; lorsque nous cesserons de nous ignorer, alors nous commencerons à prendre la véritable mesure de notre réalité, de notre liberté commune et de notre importance sur la planète... »

 

François MITTERRAND, discours à l'inauguration de la BERD, Londres, 15 avril 1991.

 

 

Document 5 :

« Sommet de la Terre », organisé par l'ONU, Rio, juin 1992, déclaration finale

 

« La Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement proclame ce qui suit :

Principe 1 : Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature.

Principe 2 : Les États... ont le devoir de faire en sorte que les activités exercées dans les limites de leur juridiction ou sous leur contrôle ne causent pas de dommages à l'environnement dans d'autres États ou dans des zones ne relevant d'aucune juridiction nationale.

Principe 3 :   Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à -l'environnement des générations présentes et futures.

Principe 5 : Tous les États et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l'élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable.

Principe 7 : ... Étant donné la diversité des rôles joués dans la dégradation de l'environnement mondial, les États ont des responsabilités communes mais différenciées. Les pays développés admettent la responsabilité qui leur incombe dans l'effort international en faveur du développement durable, compte tenu des pressions que leurs sociétés exercent sur l'environnement mondial et des techniques et des ressources financières dont ils disposent. »