ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Polynésie - Séries L-ES-S – Septembre 2008

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Quels processus de décolonisation pour l'Afrique, de 1945 à 1981 ?

 

Liste des documents :

 

Document n ° 1 : carte de la décolonisation de l’Afrique

Document n° 2 : article issu du site Internet. « jeuneafrique.com » à l'occasion de l’anniversaire de l'indépendance du Ghana, le 6 mars 2005.

Document n° 3 : extraits de la constitution de 1958 sur la Communauté française.

Document n° 4 : article du journal L'Humanité.

Document n° 5 : timbre angolais (1975).

 

Première partie :

Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions :

1. Identifiez, à partir du document 1, les principales phases de la décolonisation de l'Afrique depuis 1950.

2. Quelle est, d'après les documents 2 el 3, l'attitude des métropoles britannique et française face au mouvement d'émancipation des colonies ?

3. Quels éléments de l'article montrent que le contexte international est favorable à l'indépendance de la Gold Coast ? (document 2)

4. Relevez dans les documents 1, 3 et 4 ce qui fait de l'Algérie un cas à part dans la décolonisation de l'Afrique française.

5. Quel message est diffusé par le document 5 et à travers quels symboles ?

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Quels processus de décolonisation pour l'Afrique, de 1945 à 1981 ?

 

 

Document 1 :

Carte de la décolonisation de l’Afrique (1950-2008)

 

 

 

Document 2 :

Article issu du site Internet. « jeuneafrique.com » à l'occasion de l’anniversaire de l'indépendance du Ghana, le 6 mars 2005.

 

« Le Ghana, votre pays adoré, est libre à jamais, il faut prendre conscience que nous ne sommes dorénavant plus un peuple colonisé ». Alors qu'il prononce ces mots devant les Ghanéens en liesse, Kwame Nkrumah, nouveau Premier ministre de son pays, ressentit une joie « presque intolérable ». Car, quelques minutes auparavant, à minuit, dans la nuit du 6 au 7 mars 1957, la Gold Coast (Côte-de-l’Or) est devenue le premier pays d'Afrique subsaharienne à s'affranchir du joug colonial. En devenant le Ghana, elle accède, dans le calme et la paix, au statut de membre indépendant au sein du Commonwealth.

C'est le résultat d'une longue bataille avec la puissance coloniale. Considérant qu'il fallait laisser le choix au peuple de la Côte-de-l’Or lui même de savoir s'il voulait ou non devenir indépendant, le secrétaire d'État aux colonies, Lennox-Boyd, avait organisé des élections générales le 7 juillet 1956. La victoire du Convention's People Party (CPP) de Nkrumah avait fini par persuader l'Angleterre que la seule manière de résoudre les différends avec la colonie était de lui accorder l’indépendance au sein du Commonwealth (…)

Les cérémonies officielles débutent à 9h30. Habib Bourguiba est là. Martin Luther King aussi, qui avouera plus tard avoir pleuré de joie aux paroles de Nkrumah ; Harold Macmillan, le Premier ministre britannique évidemment. Mais le vice-président américain, Richard Nixon, qui mène une nombreuse délégation d'Africains-Américains, a également fait le déplacement. Ainsi que des représentants du Canada, d'Australie, d'Inde, du Pakistan, de Chine, et les gouverneurs de nombreux pays africains sous domination anglaise ou française. »

 

 

Document 3 :

Extraits de la constitution de 1958 sur la Communauté française.

 

« Titre XII - De la Communauté

Art. 77. - Dans la communauté instituée par la présente Constitution, les Etats jouissent de l'autonomie ; ils s'administrent eux-mêmes et gèrent démocratiquement et librement leurs propres affaires. Il n'existe qu'une citoyenneté de la Communauté.

Tous les citoyens sont égaux en droit, quelle que soit leur origine, leur race et leur religion. Ils ont les mêmes devoirs.

Art. 86. - La transformation du statut d'un Etat membre de la Communauté peut être demandée, soit par la République, soit par une résolution de l'Assemblée législative de l'Etat intéressé, confirmée par un référendum local dont l'organisation et le contrôle sont assurés par les institutions de la Communauté. Les modalités de cette transformation sont déterminées par un accord approuvé par le Parlement de la République et l'assemblée législative intéressée.

Dans les mêmes conditions, un État membre de la Communauté peut devenir indépendant. Il cesse de ce fait d'appartenir à la Communauté. »

 

 

Document 4 :

Article du journal L'Humanité.

 

Le 3 novembre 1954, le quotidien communiste français L’Humanité défend la légitimité des revendications indépendantistes des peuples tunisien, marocain et algérien.

 

« Après la Tunisie et le Maroc, voici que le sang coule en Algérie.

Il s'agit là, sans aucun doute, d'un événement extrêmement grave qui s'inscrit parmi les conséquences logiques de la politique gouvernementale en Afrique du Nord. Voyons les faits.

Le 31 juillet dernier, le président du Conseil se rendait d'un coup d'aile de Paris à Tunis pour proclamer « l'autonomie interne de l'Etat tunisien ».

Une telle décision, correspondant à la volonté unanime du Mouvement national tunisien et venant onze jours après la conclusion du cessez-le-feu en Indochine, fit évidemment beaucoup de bruit. Elle fut saluée par le peuple tunisien, par tous les peuples d' outre-mer et par le peuple de France comme le premier pas d'une politique nouvelle (…)

Quant à l'Algérie, le ministre de l'intérieur vient de faire un voyage dans ce pays. Il a beaucoup parlé. Il a même prononcé ce qu'il a appelé lui -même un « discours-programme » dans lequel, suivant Le Monde, il a souligné « la primauté de l'économique et du social dans l'œuvre à accomplir en Algérie ». C'est là chose courante pour tous ceux qui considèrent l'Algérie comme « trois départements français ».

Mais les Algériens, quelles que soient leur idéologie et leur origine, savent qu'il s'agit là d'un slogan ridicule, uniquement destiné à camoufler la réalité coloniale (…)

(Les) problèmes ne se résoudront pas dans le cadre d'un régime dont ils peuvent apprécier 125 années de « bienfaits ».

Or M. Mitterrand n'a pas dit un mot de ce que désire par-dessus tout l' immense majorité des Algériens : la fin du régime colonial (...) »

 

Source : FELIX, Léon, Le drame algérien, dans L'Humanité, 03.11.1954, n° 3161 ; 50e année, p. 1. 

 

 

Document 5 :

Timbre angolais (1975)