ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Europe-Afrique - Série S – Juin 2007

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Quels sont les aspects de la politique étrangère des Etats-Unis depuis le début des années 1990 ?

 

Liste des documents :

 

Document 1 : Le président George Bush clôt la guerre froide en 1992

Document 2 : Rapport sur la situation en Somalie

Document 3 : Le président Clinton explique les motivations de la politique étrangère des États-Unis

Document 4 : Le président Clinton, faiseur de paix

Document 5 : Principales bases de l'armée américaine en dehors du territoire des États-Unis en 2004.

 

Première partie :

Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions :

1. Dans quel contexte le discours de George Bush est-il prononcé ? (document 1)

2. Que révèle l'implantation des bases de l'armée des Etats-Unis d'Amérique dans le monde sur les motivations de la politique étrangère étatsunienne ? (document 5)

3. Quels sont les objectifs affichés de la politique étrangère étatsunienne ? (documents 1 et 3)

4. Montrez, à partir des documents 1, 2 et 4, que la politique étrangère étatsunienne connaît des succès mais aussi des revers.

5. Quels aspects du sujet ne sont pas abordés dans l'ensemble documentaire ?

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Quels sont les aspects de la politique étrangère des Etats-Unis depuis le début des années 1990 ?

 

 

Document 1:

George Bush clôt la guerre froide

 

Le discours sur l'état de l'Union est un discours annuel lors duquel le président des Etats-Unis d'Amérique présente devant le Congrès son programme de gouvernement.

 

« Nous nous réunissons ce soir au cœur d'un des moments les plus graves et les plus prometteurs de notre histoire et de l'histoire de l'humanité.

Lors des douze derniers mois, le monde a connu des changements de dimension quasi biblique. Même aujourd'hui, quelques mois après le coup fatal qui a emporté un système en faillite, je ne suis pas certain que nous ayons saisi [...] toute l'importance de ce qui s'est produit. Le communisme est mort cette année. [...] Ce qui vient de se produire est, dans ma vie, dans nos vies, dans le monde entier de la toute première importance : par la grâce de Dieu, l'Amérique a gagné la guerre froide. [...]

Un soir de l'année passée, je vous ai parlé d'un moment grave. Les forces américaines venaient tout juste de déclencher l'opération Tempête du Désert. Après quarante jours dans le désert et quatre jours dans la ville, les hommes et les femmes des forces américaines et de nos alliés venaient d'atteindre les objectifs que je leur avais fixés et que vous aviez approuvés : nous venions de libérer le Koweït. Peu de temps après, Israël et le monde arabe recommençaient à parler sérieusement de paix, une première historique. [...]

Certains affirment que nous pouvons à présent nous détourner du monde, que nous n'avons aucun rôle particulier, aucune place spéciale. Mais nous sommes les Etats-Unis d'Amérique, le leader du bloc occidental, devenu le leader du monde libre. Et aussi longtemps que je serai président, je continuerai à apporter mon appui au développement de la liberté n'importe où dans le monde, non par arrogance, non par altruisme, mais pour la sûreté et le sécurité de nos enfants. C'est un fait : la force au service de la paix n'est pas un vice, l'isolationnisme au service de la sécurité n'est pas une vertu. »

 

Source : George Bush, Discours sur l'état de l'Union, 28 janvier 1992, dans www.presidencv.ucsb.edu (Université de Californie Santa Barbara).

 

 

Document 2

Rapport sur la situation en Somalie. (1)

 

« I. EVALUATION DE LA SITUATION ACTUELLE

6. Après les atrocités notoires commises pendant plus de deux décennies contre le peuple somali par le régime du général Siad Barre (2), qui a été évincé de la Présidence, les violations des droits de l'homme n'ont fait qu'augmenter depuis janvier 1991. L'absence de gouvernement responsable et le manque d'infrastructure dans le pays, associés à une situation d'anarchie quasi totale, font qu'il est très difficile de capturer et de traduire en justice les auteurs des violations des droits de l'homme en Somalie.

7. L'expert indépendant tient à rappeler à cet égard que l'Organisation des Nations Unies a offert une récompense de 25 000 dollars pour la capture du général Aidid (3) à la suite de l'attaque criminelle lancée contre des forces d'UNOSOM II (4), attaque au cours de laquelle 25 Pakistanais ont été tués, 10 ont été portés disparus et 57 soldats ont été blessés (54 Pakistanais et trois Américains).

8. En outre, lorsque les rangers (5) de l'armée américaine ont capturé le bras droit du général Aidid, M. Osman Atto, le 21 septembre 1993, on a signalé que des partisans du général Aidid ont menacé d'attaquer le quartier général d'UNOSOM ainsi que des étrangers si M. Atto n'était pas libéré à bref délai.

9. On a indiqué par la suite que, suite à un raid lancé sur les forces du général Aidid le 3 octobre 1993, au cours duquel 18 soldats américains ont été tués, le Gouvernement des États-Unis avait retiré l'unité de rangers dans le cadre du recentrage des activités, celles-ci passant du maintien de la sécurité au rétablissement du processus politique (6).

 

Source : ONU, Conseil Économique et Social, Commission des droits de l'Homme, Rapport sur la situation en Somalie, 1993.

 

(1) La Somalie, pays de la Corne de l'Afrique (Afrique de l'Est) est en guerre civile depuis 1991.

(2) Siad Barré : militaire, il dirige la Somalie de 1969 à 1991.

(3) Le général Aidid est l'un des principaux chefs de guerre qui tient la Somalie en 1993.

(4) UNOSOM : forces de maintien de la paix de l'ONU envoyées en Somalie.

(5) Les rangers constituent l'une des unités d'élites de l'armée américaine.

(6) En termes diplomatiques, cela signifie que les États-Unis retirent leurs troupes de Somalie.

 

 

Document 3 :

Le président Clinton explique les motivations de la politique étrangère des Etats-Unis

 

« Les États-Unis sont une puissance mondiale et ils ont des intérêts dans toutes les régions de la terre. Les États-Unis devront être actifs dans chaque aire qui se dessine aujourd'hui, pour contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour promouvoir la démocratie. Nous savons que les autres pays ont encore le regard tourné vers nous, non seulement à cause des dimensions et de la force de notre pays, mais pour ce que nous représentons et pour ce à quoi nous sommes disposés à nous opposer. Nous ne sommes pas, et nous ne pouvons pas être, le gendarme du monde. Mais là où nos intérêts et nos idéaux le demandent, et quand nous aurons la possibilité de laisser notre empreinte, nous agirons et, si c'est nécessaire, nous assumerons le rôle de leader. Nous avons souscrit à des engagements fort importants d'un bout à l'autre du monde en Asie, en Amérique latine, en Océanie, au Moyen-Orient et naturellement en France - et nous les tiendrons. Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot montant de la démocratie et du libre marché sur tous les continents. Ceci est le reflet non seulement de nos idéaux, mais aussi de nos intérêts. Si un pays est démocratique, les probabilités qu'il engage une guerre contre un autre pays ou bien qu'il commette des abus envers des droits de son peuple diminuent. Et les probabilités qu'il soit un bon partenaire commercial et qu'il collabore avec nous pour combattre les nouvelles menaces que les démocraties doivent ensemble affronter (les États hors-la-loi, le terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de la drogue) augmentent. »

 

Bill Clinton, entretien accordé à la revue française Limes, n°1, 1997.

 

 

Document 4 :

Le président Clinton, faiseur de paix

 

 

Source : Ron Edmonds, Associated Press.

 

De gauche à droite : Yitzhak Rabin, Bill Clinton, Yasser Arafat lors de la signature à la Maison Blanche des accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. 

 

 

Document 5 :

Principales bases de l'armée américaine en dehors du territoire des États-Unis en 2004

 

 

Sources : Comprendre le monde, Sciences Humaines n°2, mai-juin 2003 ; La puissance américaine, Questions internationales n°3, septembre-octobre 2003 ; Le Monde Diplomatique, l'Atlas, n°HS, 2006.