ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Amérique du Nord - Série S – Mai 2011

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Tananarive

 

 

Sujet : Quelles sont les caractéristiques et les limites du système soviétique de 1946 à 1991 ?

 

Liste des documents :

 

Document n° 1 : affiche du IVe plan quinquennal (1946-1950).

Document n° 2 : une journée dans une usine de Moscou en 1950.

Document n° 3 : la politique culturelle en U.R.S.S.

Document n° 4 : carte des contestations du système soviétique dans les démocraties populaires.

Document n° 5 : extraits de l'allocution télévisée de Mikhaïl Gorbatchev le 25 décembre 1991. 

 

Première partie :

 

Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions :

 

1. Quels sont les aspects du modèle soviétique illustrés par les documents 1 et 2 ?

2. Quel doit être le rôle de la culture dans le système soviétique d'après  le document 3 ?

3. Que nous apprend  le document  4 sur l'extension du système  soviétique et les réactions  qu'il  a suscitées dans les démocraties populaires ?

4. D'après le texte de M. Gorbatchev comment s'explique l'effondrement du système soviétique (document 5) ?

 

Deuxième partie :

 

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Quelles sont les caractéristiques et les limites du système soviétique de 1946 à 1991 ?

 

 

Document 1 :

Affiche du IVe plan quinquennal (1946-1950).

 

Cette affiche est un montage de photographies.

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Conservé au musée de la guerre de Vincennes. Source : site art.com

 

 

En haut à droite de l'affiche : « La  réalité de notre programme, ce sont les hommes, c'est nous tous, notre volonté de labeur, notre aptitude à travailler selon des méthodes nouvelles, notre détermination à accomplir le plan »  Signature : Joseph Staline.

Sous la main de Staline : un document intitulé «  Plan quinquennal 1946-1950 ».

 

 

Document 2 :

Une journée dans une usine de Moscou en 1950.

 

 

« Huit heures du matin. Le sifflet de l'usine  annonce le début de l'équipe  de jour. Ouvriers, contremaîtres, ingénieurs, contournant la vaste cour d'entrée asphaltée de l'usine, se dispersent dans les ateliers, les salles de  travail et  les laboratoires.  La  journée  de  travail  dans  le  combinat des  alliages durs  de  Moscou  a commencé.

Le premier atelier métallurgique a eu besoin de grosses réparations. Mais l'atelier n'a pas cessé de travailler un seul jour.

Prenant part à la compétition en l'honneur de l'anniversaire d'Octobre, les ouvriers préposés aux presses, à la trempe, aux meules, augmentent de jour en jour le rendement et améliorent la qualité de la fabrication.

A l'entrée  de l'atelier, une affiche « express » : « Par décision du comité d'usine et de la direction, notre atelier a reçu le mois dernier, pour les résultats obtenus, la mention d'honneur« kollektiv » stakhanoviste. C'est l'équipe  du contremaître Montzov qui travaille aujourd'hui  dans la salle de trempe. Ce vétéran du travail a récemment proposé d'entrer  dans la compétition socialiste, à l'exemple des « kollektiv » d'avant­ garde  pour  un  meilleur  entretien  de  l'équipement. L'équipe qu'il dirige travaillant  sur  un  rythme stakhanoviste, s'est engagée à faire passer la résistance des fours molybdiques* entre les réparations, de 30 à 37 jours et à économiser 25 godets de graphite ** par mois.

Le sixième atelier. Il est également stakhanoviste et tous les ouvriers y dépassent les normes. A côté de la presse à laquelle travaille Klavdia Choulenkova, flotte un petit fanion rouge, signal intermittent confié chaque jour à celui qui, la veille, a donné  le meilleur rendement et la meilleure qualité de fabrication. Aujourd'hui, ce sont les brigades de Moiseieva, de Belitchenkova et de Rojkova qui se disputent le fanion d'honneur. Au cours de la compétition socialiste en l'honneur  de l'anniversaire  d'Octobre,  le rendement dépasse une nonne et demie par jour. »

 

Article de la Moskovskaia Pravda, 1950.

 

* le molybdène est utilisé pour durcir l'acier au cours de sa fabrication

** le graphique participe également à la fabrication de l'acier

 

 

 

Document 3 :

La politique culturelle en U.R.S.S.

 

 

« Le camarade Staline a appelé nos écrivains «  les ingénieurs des âmes ». Cette définition a une profonde signification. Elle indique l'énorme responsabilité des écrivains soviétiques dans l'éducation  des hommes, dans l'éducation de la jeunesse soviétique, dans leur vigilance à ne pas tolérer de malfaçons dans le travail littéraire.

Certains trouvent étrange que le C.C.* ait pris des mesures aussi sévères dans une question de littérature. On n'est pas habitué à cela chez nous. Qu'on ait laissé passer un loup** dans la production ou que le programme de production des objets de grande consommation n'ait pas été rempli, ou encore qu'on n'ait pas accompli le plan de stockage du bois, on trouve naturel de distribuer des blâmes;  mais qu'on ait toléré un loup dans l'éducation des âmes, dans l'éducation de la jeunesse, là on s'en accommode. Et pourtant, n'est-ce pas là une faute combien plus grave que de ne pas remplir un programme de production ou d'échouer dans une tâche industrielle?  Par sa décision, le C.C. a l'intention  d'aligner le front idéologique sur tous les autres secteurs de notre travail.

Il est apparu ces derniers temps de grosses brèches, de grosses déficiences sur le front idéologique. Il suffira de rappeler le retard de notre art cinématographique, notre répertoire dramatique encombré de productions de mauvaise qualité, sans parler de ce qui s'est passé dans les revues « Zvezda » et « Léningrad ».Le  Comité Central s'est  vu forcé d'intervenir et de corriger résolument la situation. Il n'avait pas le droit d'atténuer le coup qu'il portait à ceux qui oublient leurs obligations envers le peuple, envers l'éducation de la jeunesse. Certains écrivains  raisonnent ainsi : pendant la guerre, le peuple a été si affamé de littérature, on a publié si peu de livres que le lecteur avalera aujourd'hui  n'importe  quelle marchandise même faisandée. Or, c'est absolument faux, et nous ne pouvons tolérer n'importe  quelle littérature proposée par des écrivains, des rédacteurs en chef, des éditeurs sans discernement. Le peuple attend des écrivains soviétiques une véritable arme idéologique, une  nourriture  spirituelle  qui  l'aide  à  réaliser les  plans  de la  grandiose édification socialiste. »

 

Andréï JDANOV. Sur la littérature, la philosophie et la musique. Éditions de la Nouvelle critique, 1950.

 

* Comité central du Parti communiste.

** une erreur.

 

 

Document 4 :

Carte des contestations du système soviétique dans les démocraties populaires.

 

 

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Document 5 :

Extraits de l'allocution télévisée de Mikhaïl Gorbatchev le 25 décembre 1991.

 

« Chers compatriotes concitoyens,

 

en raison de la situation qui s'est  créée avec la formation de la Communauté des Etats indépendants, je mets fin à mes fonctions de Président de l'U.R.S.S. [...]

Le destin a voulu qu'au moment où j'accédais aux plus hautes fonctions de l'Etat, il est clair que le pays  allait mal. Tout ici est en abondance : la terre, le pétrole, le gaz, le charbon, les métaux précieux, d'autres richesses naturelles, sans compter l'intelligence et les talents que Dieu ne nous a pas comptés, et pourtant, nous vivons bien plus mal que dans les pays développés, nous prenons toujours du retard par rapport à eux.

La raison en était déjà claire - la société  étouffait dans le carcan du système administratif de commande. Condamnée à servir l'idéologie  et à porter le terrible fardeau de la militarisation à outrance, elle était à la limite du supportable. Toutes les tentatives de réforme partielle- et nous en avons eu beaucoup - ont échoué l'une  après l'autre. Le pays perdait ses objectifs. Il n'était plus possible de vivre ainsi. Il fallait tout changer radicalement. Une œuvre d'une importance historique a été accomplie :

- le système totalitaire, qui a privé le pays de la possibilité qu'il  aurait eu depuis longtemps de devenir heureux et prospère, a été liquidé ;

- une percée a été effectuée sur la voie des transformations démocratiques. Les élections libres, la liberté  de la presse, les libertés religieuses,  des organes de pouvoir  et de représentation et le multipartisme sont devenus une réalité ;

- la marche vers une économie multiforme a commencé....

Tous ces changements ont provoqué une énorme tension. Ils se sont produits dans des conditions de lutte féroce, sur un fond d'opposition croissante des forces du passé moribond et réactionnaire, des anciennes structures du Parti et de l'État, et de l'appareil économique [...]

L'ancien système s'est écroulé avant que le nouveau ait pu se mettre en marche. [...] »

 

Mikhaïl Gorbatchev, 25 décembre 1991.