ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

D’après le sujet donné en Amérique du Sud – Séries L-ES-S – Novembre 2009

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Aspects et limites de l'hyperpuissance des Etats-Unis

 

Liste des documents :

 

Document n° 1 : la puissance géopolitique des États-Unis au début du XXIe siècle.

Document n° 2 : la puissance culturelle, le cinéma et l’Internet

Document n° 3 : la puissance commerciale.

Document n° 4 : dessin de presse paru aux États-Unis en 2006.

Document n° 5 : « subprimes », l'emballement d'une crise du crédit. 

 

Première partie :

Analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions :

1.   Par quels moyens les États-Unis exercent-ils une influence politique à l'échelle mondiale? Avec quelles limites (document 1) ?

2.  Relevez les aspects de la puissance économique des États-Unis présentés par les documents 2 et 3.

3.  Quelles faiblesses de l’économie américaine les documents 3 et 4 révèlent-ils ?

4.  En quoi la crise des « subprimes » montre-t-elle l'influence mondiale des Etats-Unis (document 5) ?

 

Deuxième partie :

A I'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de vos connaissances personnelles, vous rédigerez une réponse organisée au sujet :

Aspects et limites de l'hyperpuissance des Etats-Unis

 

 

Document 1 :

La puissance géopolitique des États-Unis au début du XXIe siècle.

 

 

 

 

Document 2 :

La puissance culturelle, le cinéma et l’Internet

 

 

Source : d'après l'Atlas de la mondialisation, ENSP, 2006.

 

 

 

Document 3 :

La puissance commerciale.

  

 

Michel Goussot, La Documentation photographique n° 8056 (Les États-Unis) p. 49

 

 

 

Document 4 :

Dessin de presse paru aux États-Unis en 2006.

 

 

 

Traduction : « Pays de la liberté et terre d'accueil pour les produits à bas prix » ; hat : chapeau, coat : veste, pant : pantalon, shoes : chaussures, tie : cravate.

 

www.CartoonStock.com

 

 

 

Document 5 :

« Subprimes », l'emballement d'une crise du crédit. 

 

 C'est du petit marché des subprimes, du nom de ces crédits hypothécaires américains risqués, que tout est parti. Parce que des banquiers ont octroyé des crédits immobiliers à des ménages aux revenus très modestes peu solvables en calculant leur capacité d'emprunt sur la valeur de la maison achetée. Tant que les prix immobiliers progressaient ce système fonctionnait. Mais lorsque l'immobilier a commencé à se replier aux États-Unis en 2007, l'effet pervers de cette mécanique s'est enclenché. Les ménages n'ont plus été capables de rembourser leurs emprunts, et les établissements de crédit qui les avait accordés se sont effondrés. La crise s'est ensuite diffusée à tout le système financier par le canal de la titrisation, cette technique née dans les années 1970 consistant à transformer des prêts bancaires en obligations achetées par les investisseurs du monde entier. La crise est, d'une manière plus générale encore, la conséquence des excès observés sur le marché du crédit aux États-Unis. Dans les années 1990, la politique monétaire très souple - c'est-à-dire des taux d'intérêt très bas, rendant le crédit très peu cher - menée par le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Alan Greenspan, avait conduit à la formation d'une bulle spéculative à la Bourse de New York, notamment sur les valeurs Internet. Celle-ci avait fini par éclater au printemps de l'année 2000. Contrairement à ce qu'on avait pu espérer au départ, la crise des subprimes ne s'est pas limitée au territoire américain. [...]

L'accélération dé la mondialisation financière, au cours des dernières décennies, a rendu inévitable ce type de contamination. Tout choc dans un pays - a fortiori aux États-Unis - se fait immanquablement ressentir partout sur la planète. Une sorte d'effet papillon. Des investisseurs du monde entier possédaient des dettes américaines titrisées. La Banque centrale de Chine détient ainsi 380 milliards de dollars de créances sur Fannie Mae et Freddie Mac. Et, pour la petite histoire, l'une des premières victimes de la crise des subprimes aura été, dès l'automne 2007, une petite ville du nord de la Norvège, dont la gestion financière était un peu trop audacieuse. [...] La crise financière - dont l'impact vient s'ajouter à celui de la flambée des matières premières - s'est diffusée à travers plusieurs canaux. Le premier est le renchérissement du crédit. Malgré les efforts des banques centrales pour apaiser les tensions sur le marché monétaire, les taux d'intérêt ont monté. Il est devenu plus coûteux pour les entreprises mais aussi pour les particuliers de se financer. Par ailleurs les banques, plus prudentes, ont elles-mêmes accordé moins facilement des crédits. Ce mécanisme, que les spécialistes désignent sous le nom de crédit crunch (pénurie de crédit) est un frein puissant aux investissements et à la consommation, donc à la croissance.

 

Pierre-Antoine Delhommais, Claire Gatinois et Anne Michel, Le Monde, 17 septembre 2008.