CORRIGE DU SUJET DE COMPOSITION

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Ces éléments nationaux de correction n'ont qu'une valeur indicative. Ils peuvent être complétés par ceux de la commission académique d’harmonisation et ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité des autorités académiques, chaque jury est souverain.

 

La composition doit permettre au candidat de faire la preuve de ses connaissances tout en les situant dans un questionnement.

En histoire comme en géographie, les productions graphiques (schéma(s)...) que le candidat peut réaliser à l'appui de son raisonnement, en fonction du sujet et de ses choix, seront valorisées.

Le correcteur évalue :

- la compréhension du sujet

- la maîtrise des connaissances privilégiant les approches synthétiques et les notions centrales du programme

- la capacité à organiser un plan ou une démonstration autour de quelques axes répondant au questionnement initial

- la pertinence des exemples d'appui et des productions graphiques. Ces dernières seront valorisées dans la notation

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

 

Sujet : 1975-1985 : un tournant dans l’histoire du monde

 

 

La (les) partie(s) du programme concernée(s) par le sujet :

Ce sujet, spécifique aux séries ES et L, s’inscrit dans la première partie du programme d’histoire (« Le monde de 1945 à nos jours »). Transversal, il mobilise des connaissances dans les points 1 (« De la société industrielle à la société de communication ») et 4 (« A la recherche d’un nouvel ordre mondial depuis les années 1970 ») de cette première partie. 

 

Le cadre :

Plusieurs difficultés s’offrent aux candidats : la première difficulté est celle du plan. Certes, la période indiquée est très courte et les événements sont foisonnants, ce qui peut amener le candidat à une démarche thématique (pour reprendre l’exemple suggéré ci-dessus : le face-à-face américano-soviétique / les questions économiques / l’émergence d’un monde multipolaire). Il semble néanmoins qu’un plan chronologique en trois parties reste la meilleure solution.

 

La problématique :

Il faut bien voir que le sujet ne se limite pas à l’étude d’un chapitre des relations Est-Ouest, et que derrière les événements classiquement répertoriés depuis Brejnev sous l’appellation « guerre fraîche », les mutations économiques et la montée de nouveaux pôles des relations internationales sont des données indispensables à l’obtention d’une bonne note. L’intitulé et la chronologie, assez dense, constitueront une aide précieuse pour prendre en compte toutes les dimensions du sujet.

 

Le plan et les thèmes :

Une première partie traiterait ainsi des années 1975 à 1978, marquées par une crise dont quelques origines sont rappelées par la chronologie – hausse du prix du pétrole et dérèglement du système monétaire international. A la croissance molle et à l’augmentation du chômage, l’Occident n’a encore à opposer que des politiques de relance, jugées coûteuses, inefficaces et génératrices d’inflation. Dans le camp d’en face, au contraire, l’URSS n’a peut-être jamais paru aussi puissante, et elle renforce encore ses positions, notamment dans le Tiers Monde (péninsule indochinoise, Afrique, Amérique centrale), mais aussi en Europe avec le déploiement des SS-20. On valorisera particulièrement dans cette perspective les copies qui auront su mettre en valeur la crise du leadership américain après l’échec vietnamien et l’affaire du Watergate (présidences de Ford et de Carter).

La deuxième partie pourrait être centrée sur les deux années 1979 et 1980, pivot autour duquel le monde bascule dans une nouvelle ère. Emergent alors les figures de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, les deux artisans de la réaction de l’Occident face à l’échec constaté des politiques keynésiennes et aux avancées du bloc communiste. Ce dernier est

fragilisé par l’erreur stratégique de poids que constitue l’invasion de l’Afghanistan en décembre 1979, par une fronde polonaise menée par Solidarnosc et puissamment soutenue par Jean-Paul II, mais aussi indirectement par la remise en cause du dogme maoïste en matière économique dans la Chine de Deng Xiaoping. Enfin, l’islamisme fait une entrée fracassante dans les relations internationales avec l’arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran.

La troisième partie égrènerait les conséquences des changements intervenus en 1979-1980 sur la période immédiatement postérieure : l’Amérique reaganienne répond au défi des euromissiles par l’installation des Pershing II et lance le programme IDS, véritable défi technologique et financier qu’une URSS à bout de souffle ne peut relever. La première moitié des années 1980 est aussi marquée par la mutation des économies, qui voient se développer des activités nouvelles dans un contexte d’internationalisation croissante, tandis que se généralisent les solutions libérales prônées par M. Thatcher et R. Reagan, y compris dans la France du premier septennat de François Mitterrand. Ainsi, dans les derniers soubresauts du face-à-face américano-soviétique, et avant même l’accession au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, apparaissent de plus en plus nettement les acteurs de relations internationales plus complexes : le monde musulman (contre les Soviétiques, les Américains encouragent en Afghanistan un islamisme radical qui se retourne contre eux dès les années 1990), la Chine qui accélère la marche qui l’amène en moins de trois décennies à devenir un nouveau centre de l’économie mondiale, mais aussi l’Europe qui combine encore à cette époque élargissement (trois nouveaux membres pendant la période concernée) et approfondissement des liens entre pays membres (l’Acte unique européen parachève l’oeuvre du traité de Rome).

 

Eléments valorisables :