CORRIGE DU SUJET DE COMPOSITION

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Ces éléments nationaux de correction n'ont qu'une valeur indicative. Ils peuvent être complétés par ceux de la commission académique d’harmonisation et ne peuvent en aucun cas engager la responsabilité des autorités académiques, chaque jury est souverain.

 

La composition doit permettre au candidat de faire la preuve de ses connaissances tout en les situant dans un questionnement.

En histoire comme en géographie, les productions graphiques (schéma(s)...) que le candidat peut réaliser à l'appui de son raisonnement, en fonction du sujet et de ses choix, seront valorisées.

Le correcteur évalue :

- la compréhension du sujet

- la maîtrise des connaissances privilégiant les approches synthétiques et les notions centrales du programme

- la capacité à organiser un plan ou une démonstration autour de quelques axes répondant au questionnement initial

- la pertinence des exemples d'appui et des productions graphiques. Ces dernières seront valorisées dans la notation

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

 

Sujet : L'Union européenne, une aire de puissance multipolaire

 

 

La (les) partie(s) du programme concernée(s) par le sujet :

Le sujet est de nature classique et correspond, en séries L et ES, à la deuxième partie du programme de géographie "Les trois grandes aires de puissance dans le monde", plus précisément aux chapitres 5 et 6, respectivement "la puissance de l'Union européenne" et "l'Europe rhénane".

 

Le cadre :

L'introduction doit poser les limites géographiques du sujet (l'Europe à 27) et soulever la question de l'hétérogénéité de l'espace européen.

 

La problématique :

Si la dorsale européenne semble concentrer tous les lieux de puissance, il n'en reste pas moins que les pôles de la puissance européenne restent dispersés sur le territoire.

 

Le plan et les thèmes :

On peut commencer par localiser et caractériser ces pôles de la puissance de l'Union européenne. Une approche à échelles emboîtées est intéressante ici.

Un premier survol de la situation doit faire apparaître la concentration des lieux de pouvoir de la « banane bleue », à charge du candidat de la définir avec précision (de Londres à Milan). A l'aide de l'étude approfondie de l'axe rhénan effectuée dans l'année, le candidat doit être capable de mener une analyse plus fine de cet espace, à l'échelle des conurbations et des métropoles. Au-delà de la dorsale, il existe des noyaux de la puissance européenne c'est le cas des grandes capitales, et des façades maritimes (arc atlantique, arc méditerranéen).

Dans une deuxième partie on peut ensuite mettre en avant les facteurs explicatifs. Il s'agit de comprendre la concentration des lieux de pouvoirs en faisant appel aux héritages naturels et historiques des régions européennes vallées fonctionnant comme de véritables pénétrantes dans le territoire du continent, tradition de villes-marchés ou de villes-carrefour (la Hanse), tradition de contact culturel (façade méditerranéenne, exemple de la Sicile), ou plus près de nous, héritages économiques du XIXe siècle (Ruhr) et construction européenne (Bruxelles). C'est sur ces héritages que ce sont constitués les pôles actuels, qui s'articulent autour de métropoles de rang international (villes-monde), d'axes primordiaux (axe rhénan par exemple) et d'interfaces dynamiques et attractives (interface méditerranéenne, ouverture à l'Est). A contrario, le manque d'infrastructures, l'enclavement, les délicates restructurations peuvent expliquer les angles morts de l'espace de l'Union européenne et l'éclatement en multiples pôles de puissance.

Enfin dans une troisième partie, il semble intéressant de soulever la question de l'évolution de cette situation. Au-delà du maintien de la domination de la dorsale européenne avec la concentration des centres d'impulsion européens et internationaux, il est intéressant de noter l'essor des pôles de puissance périphériques : l'ouverture vers la Méditerranée, si délicate dans le cadre des politiques actuelles, est un facteur d'essor économique et politique (conférence de Barcelone). De même, les territoires d'Europe de l'Est, au cœur d'enjeux croisés de la part de l'Union européenne et de la Russie, cessent peu à peu d'être de simples marges d'une Europe riche et dynamique, pour devenir des pôles de puissance secondaire (interface avec les anciennes républiques soviétiques, essor économique des pôles industriels en pleine reconversion). En conclusion, un questionnement sur les conséquences de cette multipolarité (entre complémentarité et concurrence) peut s'avérer intéressant pour évoquer le rayonnement de la puissance de l'UE dans le monde.

 

Eléments valorisables :

La maîtrise des notions de puissance, pôle/centre d'impulsion, centre/périphérie est la base de ce sujet. Une bonne connaissance du cours est nécessaire pour situer et caractériser les centres d'impulsion européens. On fera attention aux limites du sujet, centré sur l'UE et non l'Europe. Il est bien évident que tout élément d'ouverture vers les anciennes républiques soviétiques à l'Est, ou toute mention de la Suisse pour l'axe rhénan est nécessaire pour une bonne analyse du sujet. Les schémas sont parfois plus délicats à élaborer dans ce cadre, on valorisera donc tout effort y compris de simples petits croquis de localisation.