EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné en Inde, avril 1999 et en Amérique du Nord, juin 2004

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Discours de W. Churchill à l'université de Fulton (Missouri) le 5 mars 1946.

 

« J’ai beaucoup d’admiration et d’amitié pour le vaillant peuple russe et pour mon camarade de combat, le maréchal Staline. [...] Il est cependant de mon devoir de vous exposer certains faits concernant la situation présente en Europe. De Stettin, dans la Baltique, à Trieste, dans l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent les capitales de tous les pays de l'Europe orientale : Varsovie, Prague, Berlin, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia. Toutes ces villes célèbres, toutes ces nations se trouvent dans la sphère soviétique, et toutes sont soumises, sous une forme ou sous une autre, non seulement à l'influence soviétique, mais encore au contrôle très étendu et constamment croissant de Moscou. Athènes seule, avec sa gloire immortelle, est libre de décider de son avenir par des élections auxquelles assisteront des observateurs britanniques, américains et français [...]. Les communistes, qui étaient très faibles dans tous ces pays de l'Est européen, ont été investis de pouvoirs qui ne correspondent nullement à leur importance numérique et cherchent partout à exercer un contrôle totalitaire.

Sauf en Tchécoslovaquie, il n'existe pas, dans cette partie de l'Europe, de vraie démocratie [...]. Dans le même temps, dans un grand nombre de pays éloignés des frontières russes, et à travers le monde entier, les cinquièmes colonnes communistes s'installent et travaillent dans une unité complète et avec une obéissance absolue aux directives du centre communiste. Dans l'Empire britannique et aux Etats-Unis, où le communisme est dans l'enfance, les partis communistes constituent un défi et une menace croissante à la civilisation chrétienne [...].

Je ne crois pas que la Russie désire la guerre. Ce qu'elle désire, ce sont les fruits de la guerre et une expansion illimitée de sa puissance et de sa doctrine. Mais ce que nous devons examiner aujourd'hui, alors qu'il est encore temps, c'est le moyen d'empêcher la guerre de façon permanente, et d'établir dans tous les pays, aussi rapidement que possible, les prémices de la liberté et de la démocratie. Les difficultés, les dangers auxquels nous avons à faire face ne disparaîtront pas si nous nous contentons de fermer les yeux. Ils ne s’évanouiront pas davantage si nous restons à attendre ce qui se passera, ni si nous ne pratiquons pas une politique d’apaisement. Il faut trouver une solution. [...].

J'ai appris, pendant la guerre, à connaître nos amis et alliés russes. Je suis convaincu qu'il n'y a rien au monde qu'ils admirent autant que la force, et rien qu'ils respectent moins que la faiblesse militaire. »

 

New-York Times, 6 mars 1946.

 

Questions :

 

1. Présenter le document, son auteur, le contexte international.

2. Analysez la situation de l’Europe centrale. Les inquiétudes de Churchill sur l'expansion du communisme en Europe sont-elles justifiées ? Qu’évoque la célèbre formule “ un rideau de fer est descendu à travers le continent ” ?

3. Churchill conclut : “ Il faut trouver une solution. ” Quels en furent les principaux aspects ? On justifiera la réponse en prenant appui sur le texte et les connaissances pour la période 1945 - début 1948.