EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

La Guerre froide analysée par Raymond Aron.

 

R. Aron (1905-1983) est un grand intellectuel français de l’après-guerre. C’est lui entre autres qui dénonce la « république impériale » américaine pendant la guerre du Vietnam.

 

« R. Aron : Le plan Marshall a été une réaction à la situation observée en Europe : la misère, la soviétisation de l'Europe de l'Est. Il manifestait la volonté d'opposer à l'expansion soviétique un barrage, non pas militaire, mais politique et économique. L'idée, c'était qu'il était nécessaire que les pays de l'Europe occidentale fussent capables de résister à la propagande soviétique, au Parti communiste dans le cas de la France. La condition nécessaire, c'était la reconstruction économique de l'Europe. [... ] En même temps, le plan Marshall était offert aux Soviétiques, et il ne dépendait que de Staline de l'accepter. Comme vous le savez, le gouvernement tchèque l'avait accepté avant que n'intervînt l'interdit soviétique. [... ]

D. Wolton: Des événements graves jalonnèrent ces années de la guerre [...]. Aviez-vous, à un moment ou à un autre, le sentiment que de nouveau la guerre mondiale menaçait. R. Aron: Selon les moments, je l'ai redoutée plus ou moins. Le plus souvent, je doutais qu'il y eût un très grand danger de guerre générale pendant ces années. Je l'ai écrit, au début de la Guerre froide, dans mon livre Le Grand Schisme publié en 1948. Le premier chapitre avait pour titre: "Paix impossible, guerre improbable". La rivalité en Europe et dans le monde entre les Soviétiques et les Occidentaux durerait pendant des années. Un accord véritable entre les deux mondes n'était pas prévisible, il était même très improbable. Mais, d'un autre côté, ni les États-Unis ni l'Union soviétique n'avaient le désir ou l'intérêt de recourir à la guerre. C'était le début de l'âge nucléaire. [... ] Staline avait toujours été un homme prudent. Même dans cette période, il a continué à être relativement prudent. Par exemple, le blocus de Berlin n'a jamais été proclamé. C'était un état de fait. Les Soviétiques ont déclaré successivement qu'il fallait faire des réparations aux chemins de fer, qu'il fallait faire des réparations dans les canaux et ainsi de suite. Ainsi, progressivement, il y a eu le blocus. S'il y avait eu une autre réplique des Américains, Staline n'aurait sans doute même pas été jusqu'au blocus. »

 

Raymond Aron, Le Spectateur engagé, entretiens avec J.L. Missika et D. Wolton, Julliard, 1981.

 

Questions :

 

1. Présentez le document en insistant sur l'auteur, la date de cet entretien : en quoi est-ce un point de vue particulier sur les débuts de la Guerre froide ?

2. D'après Aron, quel événement marque l'entrée dans la Guerre froide ? Qui rend-il responsable de la Guerre froide ? Précisez les causes de la Guerre froide et le déroulement de l'année 1947.

3. Expliquez l'expression de Raymond Aron : « Paix impossible, guerre improbable ». Définissez la Guerre froide.

4. Après avoir rappelé en quoi a consisté la crise de Berlin, expliquez l'interprétation et la leçon qu'en a tirées Aron.

5. A la date de l'entretien, quelle crise menace à nouveau l'Europe? En quoi cela permet-il de comprendre les questions des interviewers ?