EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

La nouvelle approche politique de l'URSS.

 

« La course aux armements, tout comme la guerre nucléaire, est impossible à gagner. Poursuivre une telle course à la surface de la Terre, et l'étendre à l'espace, accélérerait le processus d'accumulation et de modernisation des armes nucléaires, accumulation dont le rythme est d'ores et déjà fébrile. La situation mondiale peut devenir telle qu'elle ne dépendra plus des politiques mais deviendra captive du hasard. Tous, nous sommes confrontés à l'exigence d'apprendre à vivre en paix dans ce monde, à élaborer un nouveau mode de pensée, car les conditions aujourd'hui sont bien différentes de ce qu'elles étaient il y a trente ou quarante ans. […]

II n'est plus possible de définir une politique sur les prémisses* de l'année 1947. Il est nécessaire de penser et d'agir d'une nouvelle manière [...]. Le principe fondamental de la nouvelle approche politique est simple : la guerre nucléaire ne peut être un moyen de parvenir à ses objectifs, qu'ils soient politiques, économiques, idéologiques ou autres. [...] La guerre nucléaire est insensée ; elle est irrationnelle. Il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu dans un conflit nucléaire généralisé : la civilisation mondiale périrait inévitablement. [...] La sécurité universelle à notre époque repose sur la reconnaissance du droit de chaque nation à choisir sa propre voie vers le progrès social, sur la renonciation à l'ingérence dans les affaires intérieures des autres Etats, sur le respect des autres combiné à une vision objectivement autocritique de notre propre société.

Une nation peut choisir le capitalisme ou le socialisme. C'est son droit souverain. Les nations ne peuvent ni ne doivent calquer leur vie sur celle des États-Unis ou sur celle de l'Union soviétique. En conséquence, les positions politiques devraient être dénuées de toute intolérance idéologique. [...]

Le temps est venu d'abandonner les visions d'une politique étrangère influencée par un point de vue impérial. Ni l'Union soviétique ni les États-Unis ne pourront l'imposer aux autres. Il est toujours possible de supprimer, contraindre, corrompre, briser ou détruire, mais seulement durant une période limitée. Si l'on envisage le long terme, si l'on se place sur le terrain de la politique à grande échelle, nul ne pourra jamais subordonner les autres. C'est bien pourquoi ne demeure qu'une seule et unique donnée : les relations d'égalité. »

 

M. Gorbatchev, Perestroïka, vues neuves sur notre pays et le monde, Flammarion, 1987.

 

* Prémisse : fait dont découle une conséquence, affirmation dont on tire une conclusion.

 

Questions :

 

1. Présentez le document, son auteur, son contexte.

2. Pour quelles raisons la perestroïka implique-t-elle nécessairement une nouvelle « logique » dans la politique extérieure soviétique ?

3. En quoi l’analyse de l’auteur est-elle radicalement nouvelle par rapport à la politique soviétique antérieure ?

4. Quelles sont les conséquences de cette nouvelle politique extérieure ?