EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné en Asie, juin 2001

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le blocus de Berlin d’après Harry Truman, Mémoires, 1956

 

« La Russie se trouva prise au dépourvu par le plan Marshall et ne fut pas longue à comprendre que du jour où il commencerait à fonctionner, l’occasion pour elle de communiser l'Europe occidentale en exploitant sa misère économique serait passée. Incapable d'empêcher les alliés de coopérer au relèvement du vieux continent, Moscou s'efforça de riposter par des manoeuvres. La première consistait à mettre sur pied une contrepartie du plan Marshall, sous les auspices de l'URSS et au bénéfice de ses satellites (…).

La seconde manoeuvre qui ressemblait plus encore à une provocation, fut d'orchestrer à Berlin un incident militaire destiné à éprouver notre fermeté et notre patience (...). Les Russes se mirent à arrêter nos trains à la ligne de démarcation et à les faire retourner lorsque leurs responsables refusaient, comme l'ordre leur avait été donné, de se soumettre à l'inspection. Par ce procédé, les Soviets coupèrent toutes les communications par route, rail et eau entre Berlin et l'extérieur, donnant pour prétexte de leur attitude « des difficultés techniques ». (…)

Il était visible que les Russes étaient résolus à nous faire partir de Berlin. Ils venaient de subir des échecs en Italie, en France, en Finlande ; leur satellite le plus puissant, la Yougoslavie, prenait soudain goût à l'indépendance et le programme d'aide à l'Europe commençait à porter ses fruits. Le blocus était la contre-attaque du communisme international et le Kremlin avait bien choisi son objectif. Berlin, la vieille capitale qui était et qui est encore un symbole pour les Allemands, constituait peut-être le point le plus sensible de l'Europe. Si nous ne parvenions pas à y maintenir notre position, le communisme s'en trouverait redoutablement renforcé dans l'opinion publique allemande.

Or, notre position dans la capitale était précaire, et si nous voulions nous y accrocher, il fallait faire montre de notre force, malgré le risque toujours présent d'une réaction russe qui eût conduit à la guerre. Il nous fallait tenir compte de la possibilité que la Russie eût délibérément choisi de faire de Berlin le prétexte d'un conflit, mais un danger beaucoup plus immédiat était le risque de voir un pilote russe trop prompt pour appuyer sur la détente, ou un commandant de chars soviétiques quelque peu échauffé, créer un incident qui mettrait le feu aux poudres. (…)

A partir de 1949, le Kremlin commençait à se rendre compte que ses efforts pour nous chasser étaient voués à l'échec. Sa brutalité et sa rudesse dans cette affaire avaient amené beaucoup d'Européens à comprendre la nécessité de liens plus étroits entre les nations occidentales.

 

Harry Truman, Mémoires. Tome II : Années d'épreuve et d’espérance, 1ère partie : « L'alliance atlantique », 1956.

 

Questions :

 

1- Présentez le document en détails.

2- Truman explique que l’URSS a réagi de deux manières au plan Marshall, identifiez les et expliquez les.

3- Expliquez la phrase soulignée.

4- D’après Truman, quelles sont les conséquences des actions russes pour le bloc de l’ouest ? Donnez des exemples qui le prouvent.

5- Pourquoi peut-on dire que Truman décrit ici le premier conflit de la guerre froide ?