EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le "Bon Nègre" est mort.

 

« On nous demande notre coopération pour refaire une France qui soit à la mesure de l'Homme et de l'Universel. Nous acceptons, mais il ne faut pas que la métropole se leurre ou essaye de ruser. Le « Bon Nègre » est mort ; les paternalistes doivent en faire leur deuil. C'est la poule aux œufs d'or qu'ils ont tuée. Trois siècles de traite, un siècle d'occupation n'ont pu nous avilir, tous les catéchismes enseignés (et les rationalistes ne sont pas les moins impérialistes) n'ont pu nous faire croire à notre infériorité. Nous voulons une coopération dans la dignité et l'honneur, sans quoi ce ne serait que « Kollaboration », à la vichyssoise. Nous sommes rassasiés de bonnes paroles (jusqu'à la nausée), de sympathie méprisante ; ce qu'il nous faut ce sont des actes de justice. Comme le disait un journal sénégalais : « Nous ne sommes pas des séparatistes, mais nous voulons l'égalité dans la cité. » Nous disons bien : L'ÉGALITÉ. Pratiquement, nous voulons, entre autres choses :

Que la justice soit la même pour les autochtones comme pour les Européens et les « non-Africains ». Qu'en particulier [...] les droits de la défense soient sauvegardés pour tous - ce qui impliquera suppression du « code de l'indigénat ». Que le travail forcé, sous quelque nom qu'on le déguise, soit supprimé, étant entendu que l'État ne peut obliger personne à travailler pour un quelconque particulier. »

 

Léopold Sédar Senghor, « Défense de l'Afrique Noire », Esprit, 1er juillet 1945.

 

Questions :

 

1. Présentez le texte et son auteur.

2. Quels sont les reproches adressés par Senghor à la France ? À quelle condition est-il prêt à répondre favorablement à la demande française de coopération ?

3. En quoi ses revendications peuvent-elles être qualifiées de modérées ?