EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné aux Antilles-Guyane, septembre 2000

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le premier choc pétrolier.

 

« Lorsque la guerre commença, on évoqua vaguement dans notre gouvernement la possibilité d’un embargo pétrolier…

Le 16 octobre, l’OPEP abandonna la lente augmentation des prix pétroliers au profit d’une hausse brutale. Par une initiative sans précédent, et sans aucune discussion avec les consommateurs, six États du Golfe relevèrent unilatéralement de 70 pour 100 le prix affiché du pétrole – de 3,01 à 5,12 dollars. Les membres arabes de l’OPEP, réunis au Koweït, convinrent le lendemain de réduire leur production de 5 pour 100 et de continuer à la diminuer de 5 pour cent par mois jusqu’à ce qu’Israël accepte d’évacuer tous les territoires arabes occupés. Le 18 octobre, l’Arabie Saoudite annonça qu’elle irait au-delà du quota convenu en réduisant son extraction de 10 pour 100 jusqu’à ce que les conditions arabes sur le Moyen-Orient soient satisfaites. Ces baisses de production, quel que fût leur but politique, soutinrent la hausse de prix et jetèrent les bases d’augmentation encore plus dramatiques…

Réunis à Téhéran les 22 et 23 décembre, les ministres de l’OPEP firent passer le prix du pétrole de 5,12 à 11,65 dollars le baril – un relèvement de 128 pour 100, en plus de la hausse d’octobre de 70 pour 100 : en l’espace de deux mois, le prix du pétrole avait augmenté de 387 pour 100.

Il est maintenant évident que cette décision fut un des tournants de l’histoire de ce siècle. […] C’était un coup colossal frappant balance des paiements, croissance économique, emploi, stabilité des prix et cohésion sociale. La décision de Téhéran coûta également aux pays en voie de développement plus que l’intégralité des programmes d’aide étrangère que leur accordaient les démocraties industrielles. […] Tous les pays concernés, y compris les producteurs eux-mêmes, durent affronter des changements véritablement sismiques de leurs structures intérieures.

 

Henri Kissinger*, Les Années orageuses, t. 2, Fayard, 1982, p. 1068-1069, 1083-1084.

 

1. Henri Kissinger (né en 1923), homme politique américain, prix Nobel de la paix. Collaborateur du président Nixon dès 1968, il fut nommé secrétaire d’État aux Affaires étrangères (1973-1977) sous les présidents Nixon puis Ford. Il négocia la fin de la guerre du Vietnam et le cessez-le-feu qui mit un terme au conflit israélo-arabe de 1973.

 

Questions :

 

1. Présenter la nature du document et la situation internationale qui a conduit au premier choc pétrolier.

2. Qu’est-ce que l’OPEP ? Quelles sont les décisions prises ?

3. Quels sont les buts recherchés par certains pays de l’OPEP ?

4. Pourquoi l’auteur qualifie-t-il la décision de Téhéran de « un des tournants de l’histoire de ce siècle » ?