EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après le sujet donné dans les centres étrangers– Juin 2001

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le rapport secret de Khrouchtchev.

 

« Staline n’agissait pas par persuasion au moyen d’explications et de patiente collaboration avec des gens, mais en imposant ses conceptions et en exigeant une soumission absolue à son opinion. Quiconque s’opposait à sa conception ou essayait d’expliquer son point de vue et l’exactitude de sa position était destiné à être retranché de la collectivité dirigeante et voué par la suite à l’annihilation morale et physique. […]

Staline fut à l’origine de la conception de « l’ennemi du peuple ». Ce terme rendit automatiquement inutile d’établir la preuve des erreurs idéologiques de l’homme ou des hommes engagés dans une controverse ; ce terme rendit possible l’utilisation de la répression la plus cruelle, violant toutes les normes de la légalité révolutionnaire contre quiconque, de quelque manière que ce soit, n’était pas d’accord avec lui. Pour l’essentiel et en fait, la seule preuve de culpabilité dont il était fait usage, contre toutes les normes de la science juridique actuelle, était la « confession » de l’accusé lui-même, et, comme l’ont prouvé les enquêtes faites ultérieurement, les « confessions » étaient obtenues au moyen de pressions physiques sur l’accusé. Des arrestations et des déportations de plusieurs milliers de personnes, des exécutions sans procès et sans instruction normale, créèrent des conditions d’insécurité, de peur et même de désespoir. […]

Des conséquences très graves, surtout dans les premiers jours de la guerre, résultèrent de l’élimination par Staline de nombreux chefs militaires et de fonctionnaires politiques entre 1937 et 1941. […] Mais longtemps après, la nervosité et l’hystérie dont Staline faisait preuve, s’opposant à l’efficacité des opérations militaires, pesèrent d’un poids considérable dans la balance. […]

L’obstination de Staline se manifesta […] également dans le domaine des relations internationales de l’Union soviétique. « L’affaire yougoslave » ne comportait aucun problème qui n’eût pu être résolu par des discussions entre camarades du Parti. […] Il était parfaitement possible d’éviter la rupture de nos relations avec ce pays. […]

Nous devrions examiner très sérieusement la question du culte de la personnalité. Aucune nouvelle à ce sujet ne devra filtrer à l’extérieur ; la presse spécialement ne doit pas en être informée. […] Le culte de la personnalité a atteint de si monstrueuses proportions surtout en raison du fait que Staline lui-même, utilisant toutes les méthodes concevables, a encouragé la glorification de sa propre personne. […] Un des exemples les plus caractéristiques de cette autoglorification et du manque absolu de modestie de Staline, est la publication, en 1948, de sa biographie abrégée. Staline y est flatté et glorifié à l’égal d’un dieu et considéré comme un sage infaillible, « le plus grand des chefs », « le plus grand stratège de tous les temps ». […] On en arriva à ne plus trouver de mots suffisamment forts pour chanter davantage ses louanges.

Camarades ! Afin de ne pas répéter les erreurs du passé, le Comité central s’est déclaré résolument contre le culte de l’individu. Nous considérons que Staline a été encensé à l’excès. […] Il faudra remettre en vigueur d’une manière complète les principes léninistes de la démocratie socialiste, tels qu’ils sont exprimés dans la Constitution de l’Union soviétique, et lutter contre l’arbitraire des individus qui abuseraient de leur pouvoir. […]

Nous sommes convaincus que notre Parti, armé par les Résolutions historiques du XXe congrès, mènera le peuple soviétique vers de nouveaux succès, vers de nouvelles victoires. Vive l’étendard victorieux de notre Parti – le léninisme !

 

Nikita Khrouchtchev, extrait du Texte intégral du rapport secret de N. Khrouchtchev au XXe congrès du PCUS (25 février 1956), Documentation française, 23 juin 1956.

 

Questions :

 

1. Présenter le document.

2. Quels sont les aspects du stalinisme dénoncés par Khrouchtchev ?

3. Ce rapport remet-il en cause le régime soviétique ? Justifier votre réponse.

4. Quelle est l’importance de ce rapport sur l’évolution du monde socialiste ?