ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Le modèle soviétique, projets et réalités (années 1950 et 1960).

 

Liste des documents :

 

Document 1 : « Vive le grand étendard invincible de Marx-Engels-Lénine-Staline » ; affiche de A. Kossov, 1953.

Document 2 : « Être stalinien ». Extrait d’une conférence de Jacques Duclos, le 23 décembre 1949

Document 3 : Extraits du rapport secret de N.S. Khrouchtchev au XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, février 1956

Document 4 : Les difficultés de l'économie soviétique, discours de A. N. Kossyguine à la session plénière du Comité central du PCUS le 28 septembre 1965

Document 5 : Les forces du pacte de Varsovie brisent le « Printemps de Prague » en août 1968

 

Première partie :

Le candidat analysera l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

 

1. Quels fondements et aspirations du modèle soviétique sont exprimés dans les documents 1, 2 et 5 ?

2. D’après les documents 2 et 3, caractériser le « stalinisme ».

3. Quelles sont les critiques ou les insuffisances du modèle soviétique qui apparaissent dans les documents 3 et 4 ?

4. Citer des aspects importants du modèle soviétique qui n’apparaissent pas dans cet ensemble documentaire ?

 

Deuxième partie :

À l'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de ses connaissances personnelles, le candidat rédigera une réponse organisée au sujet :

« Le modèle soviétique, projets et réalités (années 1950 et 1960) »

 

Document 1

« Vive le grand étendard invincible de Marx-Engels-Lénine-Staline » ; affiche de A. Kossov, 1953.

 

 

Traduction des inscriptions sur les drapeaux :

1) En avant vers le communisme !

2) Gloire au Parti de Lénine-Staline !

3) Pour le bonheur des peuples !

 

 

Document 2

« Être stalinien ». Extrait d’une conférence de Jacques Duclos, dirigeant du Parti communiste français, le 23 décembre 1949

 

[...] Des centaines de millions d’hommes et de femmes saluent en Staline l’homme de la victoire sur la barbarie, l’homme de la paix qui lutte pour faire échec aux plans des fauteurs de guerre, l’homme du socialisme qui montre le chemin de l’avenir, le chemin d’une civilisation nouvelle fondée sur la disparition de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Ils saluent en Staline l’homme de la libération des peuples coloniaux et dépendants, l’homme de l’indépendance et de la fraternité des nations.

Ils saluent en Staline l’homme du parti de type nouveau qui a permis de faire du rêve socialiste de nos pères une réalité triomphante.

Les peuples saluent en Staline le géant de la pensée et de l’action, le guide du mouvement ouvrier international, le modèle, l’exemple, le maître de tous les hommes d’avant-garde, de tous les prolétaires qui ont pour objectif la victoire de la liberté, de la paix et du socialisme.

Ce que certains considèrent comme un qualificatif qu’ils voudraient outrageant est pour nous un titre de gloire. [...]

 

 

Document 3

Extraits du rapport secret de N.S. Khrouchtchev au XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique, février 1956

 

Staline avait renoncé à la méthode léniniste consistant à convaincre et éduquer ; il avait abandonné la méthode de la lutte idéologique pour celle de la violence administrative, des répressions de masse et de la terreur. [...]

Staline avait désigné comme étant le meilleur hymne national de l’Union soviétique celui qui ne contient pas un mot sur le Parti communiste mais qui contient l’éloge sans précédent de Staline. [...] Est-ce à l’insu de Staline que de nombreuses villes ou entreprises ont pris son nom ? [...]

Nous considérons que Staline a été encensé à l’excès. [...]

Nous ne pouvons dire que ses actes étaient ceux d’un despote pris de vertige. Il était convaincu que cela était nécessaire dans l’intérêt du Parti, des masses laborieuses pour défendre les conquêtes de la Révolution. C’est là que réside la tragédie !

 

Document 4

Les difficultés de l'économie soviétique, discours de A. N. Kossyguine (homme politique soviétique, premier ministre de l'URSS en 1965, spécialiste des affaires économiques) à la session plénière du Comité central du PCUS le 28 septembre 1965, extrait de la Documentation photographique, URSS, n°6048 

 

Il faut admettre que les avantages et les possibilités qu'apporte le système économique socialiste, sont encore loin d'être pleinement utilisés. Quoique notre industrie connaisse des succès indéniables et qu'elle dépasse dans l'ensemble les objectifs du plan septennal, nous ne sommes pourtant pas satisfaits des résultats obtenus dans certaines branches comme notamment dans les textiles et cuirs, l'industrie alimentaire, la chimie, le bois et le papier et les matériaux de construction.

Nous savons, camarades, que dans un passé récent beaucoup d'erreurs ont été commises en matière de planification et que des questions économiques fort complexes étaient abordées avec un esprit volontariste et sans aucune réflexion préalable. Cela a provoqué des déséquilibres entre les différentes branches de l'économie. Certains phénomènes négatifs qui apparaissent dans l'économie nationale sont également le résultat de la non ­exécution des plans par diverses branches de l'industrie lourde, principalement en ce qui concerne la mise en service des capacités de production. Cela a créé bien des difficultés dans le secteur de l'approvisionnement en matières premières et produits semi ­finis, comme c'est le cas, par exemple, dans l'industrie chimique [....].

Le Présidium du Comité central du Parti et le Conseil des ministres de l'URSS ont attentivement analysé les insuffisances qui se manifestent dans l'économie nationale et ils ont mis en évidence les causes du ralentissement des taux de croissance économique. L'analyse montre que les difficultés notoires qui entravent le développement de notre économie ont un caractère temporaire et qu'elles doivent être surmontées dans un bref délai.

 

 

Document 5  

Les forces du pacte de Varsovie brisent le « Printemps de Prague » en août 1968

 

En 1968, le gouvernement tchécoslovaque dirigé par Alexander Dubcek cherche à libéraliser le régime et à mettre en place un « socialisme à visage humain » reconnaissant le pluripartisme et la liberté d'expression.

Ce « printemps de Prague » est détruit en août par l'intervention des forces du pacte de Varsovie. Un nouveau gouvernement est chargé de la « normalisation », c'est-à-dire du retour à l'orthodoxie.

 

Nous ne pouvons accepter que des forces hostiles fassent dévier votre pays de la voie du socialisme et menacent d'arracher la Tchécoslovaquie à la communauté socialiste. Sur ce point, vous n'êtes déjà plus seuls en cause, il s'agit de la cause commune de tous les partis et de tous les États communistes et ouvriers qui sont unis par leur alliance, leur coopération et leur amitié.  C'est la cause commune de nos pays, qui se sont unis dans le pacte de Varsovie afin d'assurer leur indépendance, ainsi que la paix et la sécurité en Europe, et de dresser une barrière insurmontable devant les menées des forces impérialistes de l'agression et de la revanche.

Nous n'accepterons jamais que ces conquêtes historiques du socialisme, ainsi que l'indépendance et la sécurité de tous nos peuples puissent jamais être menacées.

 

Lettre des partis communistes bulgare, hongrois, polonais, est-allemand et soviétique au Comité central du PC tchécoslovaque, 15 juillet 1968.