ETUDE D'UN ENSEMBLE DOCUMENTAIRE

 

Mise en forme du sujet - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

Sujet : Quelles sont les difficultés des pays industrialisés des années 1970 au début des années 1990 ?

 

Liste des documents :

 

Document 1. La crise des systèmes de protection sociale

Document 2. L’économie en chiffres

Document 3. Moutiers, village minier du bassin lorrain, 1979

Document 4. L’évolution du prix officiel du pétrole brut de 1973 à 1983

Document 5. La pauvreté aux Etats-Unis : vingt-six millions d’assistés

 

Première partie :

Le candidat analysera l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

 

1. Quelles sont les causes des difficultés des pays industrialisés dans les années 1970 (documents 1 et 4) ?

2. Quelle est la particularité de la « crise » des années 1970 par rapport aux crises précédentes (documents 1 et 2) ?

3. Quels types de politique économique les Etats mettent-ils en place pour lutter contre ces difficultés (documents 1,3 et 5) ?

4. En quoi les difficultés des pays industrialisés affectent leur équilibre territorial (document 3) ?

 

Deuxième partie :

À l'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de ses connaissances personnelles, le candidat rédigera une réponse organisée au sujet :

« Quelles sont les difficultés des pays industrialisés des années 1970 au début des années 1990 ? »

 

Document 1

La crise des systèmes de protection sociale

 

Depuis 1973, d’autres phénomènes socio-économiques ont déstabilisé la sécurité sociale. La stagnation relative de l’économie, la restructuration des entreprises et surtout la robotisation des industries ont provoqué non seulement une très forte poussée du chômage (de 2 à 5 % de la population active à 8, 9 voire 10 %), mais aussi une diminution continue des emplois dans l’industrie. Ces événements ont entraîné une réduction ou une moindre croissance des cotisants et des ressources.

Cette ponction sur les recettes est accentuée par le ralentissement des salaires (les diminutions en pouvoir d’achat ont été observées plusieurs années de suite, par exemple en RFA, aux États-Unis). Dès lors, [...] les institutions sociales sont entrées, avec l’aggravation des déficits, dans une phase de rupture financière. Aggravation d’autant plus forte qu’un fait nouveau a caractérisé la crise économique de ces dernières années : alors qu’avant 1940 les crises cycliques se traduisaient par la montée du chômage et par la baisse des prix, cette fois la drôle de crise des années soixante-dix et du début des années quatre-vingt s’est singularisée par une inflation très vive (+ 10 à 20 % par an dans plusieurs pays industriels) [...].

Dans les régimes sociaux avancés [...] l’inflation a alors provoqué un décalage supplémentaire entre recettes et dépenses sociales. Enfin, les estimations de la plupart des économistes et des responsables politiques qui, de 1973 à 1975, pensaient que la crise serait de courte durée, ont amené les autorités publiques à maintenir le rythme rapide d’accroissement des prestations en le finançant par un recours à la création monétaire : le déficit des budgets de l’État et l’endettement de certaines nations (États-Unis, Brésil, Mexique, Grèce mais aussi France, Suède et pays africains) ont pris une ampleur considérable [...].

Au fil du temps, la quasi-totalité des gouvernements ont dû prendre des mesures de maîtrise, puis de rigueur, voire d’austérité [...] : dès 1977 en RFA, à partir de 1982-1983 dans de nombreuses nations industrielles.

 

J.-P. Dumont, La Crise des systèmes de santé, Universalia 1988, Enclyclopaedia Universalis.

 

 

Document 2

L’économie en chiffres

 

 

 

Document 3

Moutiers, village minier du bassin lorrain, 1979

 

 

Documentation photographique, n° 7026, décembre 1994.

 

Aide à la lecture du panneau : « MOUTIERS COMMUNE SINISTRÉE, depuis 1960, 400 emplois supprimés, 500 habitants de moins, plus de 100 chômeurs, des impôts toujours plus lourds, 5 classes fermées et 2 autres classes menacées de fermeture. LA MINE FERMÉE EN 1980 ? Nous voulons une aide financière pour couvrir les charges communales, le maintien en activité des mines de fer et de la sidérurgie, la création d’emplois nouveaux. MOUTIERS VEUT VIVRE. Le conseil municipal. »

 

 

Document 4

L’évolution du prix officiel du pétrole brut de 1973 à 1983

 

 

A. Gauthier, A. Reynaud, Le Monde d’une crise à l’autre, Éditions Bréal, 1991.

 

 

Document 5

La pauvreté aux Etats-Unis : vingt-six millions d’assistés

 

Elle porte la robe que sa voisine lui a donnée pour Noël, et son bébé de dix mois joue, tout nu, sur le carrelage ; non parce qu’il fait trop chaud, mais parce que son unique vêtement est en train de sécher. Gil a 33 ans. Divorcée, elle partage un petit deux-pièces dans la banlieue nord de Chicago avec ses quatre enfants, dont l’aînée a 15 ans. À la naissance du dernier, elle a dû quitter son travail d’aide-soignante : la baby-sitter lui coûtait trop cher. Depuis, elle vit de l’aide que lui accorde le Welfare (l’équivalent de notre sécurité sociale). Cela représente 365 dollars par mois [environ 280 euros], dont 115 dollars en « food stamps », ces timbres qui permettent d’acheter la nourriture à prix réduit, et 120 dollars pour la location de l’appartement. Résultat : Gil fait un repas par jour (un hot dog) pour que ses enfants puissent avoir une alimentation à peu près équilibrée. « Je ne me plains pas, explique-t-elle, être pauvre, c’est comme être dans un trou. On subsiste, on ne vit pas. »

Une exception, l’histoire de Gil, aux États-Unis ? Pas vraiment. Ainsi, comme elle, ils sont 600 000 à Chicago (un habitant sur cinq), aidés par le Welfare, à devoir faire face, chaque jour, à la pauvreté.

 

M.-Cl. Decamps, Le Point, 24 janvier 1977.