EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

D’après www.ruedesecoles.com

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Affiche commémorant le centenaire de la conquête française de l’Algérie (1930).

 

 

Question 1 :

1. L'Algérie a été colonisée à partir de 1830. C'est, si l'on excepte les possessions antillaises, la première pièce de l'empire colonial français, qui devait connaître son expansion territoriale maximale au début du XXe siècle. L'Algérie occupe une place particulière dans cet empire colonial, car c'est la seule colonie de peuplement. En 1930, elle compte une population européenne d'un peu moins d'un million de personnes pour une population musulmane d'un peu plus de six millions. Administrativement, l'Algérie est divisée, depuis le milieu du XIXe siècle, en trois départements.

 

Question 2 :

2. Sur la partie droite de l'affiche, on voit deux personnages qui se donnent fraternellement la main : il s'agit d'un Algérien musulman, reconnaissable à son burnous, et d'un colon français tenant à la main une charrue. Il s'agit de montrer la fraternité entre les deux composantes de la population en Algérie. Sur la partie gauche de l'affiche, deux petites filles, l'une musulmane, l'autre Française, apprennent à lire ensemble, il s'agit de montrer l'œuvre scolaire de la France. De même, le personnage le plus à gauche sur l'affiche est une infirmière religieuse qui tient dans ses bras un bébé, il s'agit de montrer là l'œuvre sanitaire de la France en Algérie. À droite de la religieuse, le personnage du juge veut signifier que la France a apporté la loi, l'ordre et la justice en Algérie. Sur la partie gauche de l'affiche, sur un piédestal, figure une Marianne, femme symbolisant la République française, tenant dans sa main droite un rameau d'olivier, symbole de la paix, derrière elle, le drapeau tricolore ; le message est clair : l'Algérie c'est la France et la France c'est la paix. La charrue et la roue dentée au premier plan symbolisent l'œuvre économique de la France (développement de l'agriculture et de l'industrie), message renforcé par la vue du port, en pleine activité (nombreux navires), à l'arrière-plan.

 

Question 3 :

3. L'affiche trace un tableau idyllique de la situation coloniale. La réalité était différente.

La réalité, c'était la domination de la majorité musulmane par la minorité européenne. Et, contrairement à ce que suggère l'affiche, les deux communautés ne se mélangeaient guère. Ainsi, l'affiche exalte-t-elle l'œuvre scolaire de la France mais, en réalité, seule une infime minorité de la population musulmane était scolarisée alors que les enfants d'Européens l'étaient majoritairement. L'affiche exalte l'œuvre économique de la France, mais en réalité l'industrie ne fut pas développée et les terres, les meilleures, étaient accaparées par les colons qui y faisaient travailler les musulmans, très souvent pour des salaires très bas.

L'affiche a beau proclamer que l'Algérie, c'était la France, il n'y avait de justice ni sociale ni juridique, puisque la majorité musulmane ne bénéficiait pas des mêmes droits sociaux et politiques que la minorité européenne.