EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Déclaration de Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, le 9 mai 1950.

 

 

Question 1 :

Un document très officiel, puisqu'il s'agit d'une déclaration gouvernementale solennelle, dans un contexte qui est marqué à la fois par le dépassement de la reconstruction, après la guerre, et par la fracture de l'Europe.

Les candidats doivent être capables d'identifier R. Schuman, ministre des Affaires étrangères français, comme un des « pères » de la construction européenne.

 

Les premières tentatives d'unification des pays d'Europe occidentale au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, répondent à la menace réelle ou supposée, représentée par la "satellisation" de l'Europe de l'Est par l'Union soviétique. La prise de conscience de l'existence d'une solidarité de fait entre les différents pays a aussi été considérée comme une étape nécessaire à tout progrès ultérieur à l'heure de la reconstruction et au maintien d'une paix durable.

On pouvait rappeler :

- La naissance de la RFA en mai 1949.

- La création du Conseil de l'Europe, dont le siège est installé à Strasbourg, en mai 1949.

- L'Organisation Européenne de Coopération Economique (OECE) qui, à partir de 1948 avait permis de resserrer les liens entre les pays membres.

 

C'est donc dans ce contexte de guerre froide dans laquelle l'Europe est un enjeu majeur, que Robert Schuman prononce ce discours qui marque la mise en place des bases de ce qui deviendra quelques années plus tard la Communauté Economique Européenne (CEE).

 

Question 2 :

L'objectif de la France est rappelé avec insistance : maintenir la paix, notamment entre la France et l'Allemagne ("servir la paix", "rapprocher l'Allemagne et la France... pour que toute guerre entre la France et l'Allemagne devienne impensable et matériellement impossible."). Seule l'union, la solidarité, sont susceptibles d'y contribuer. Cette union se fera par des « réalisations concrètes ».

Un projet à plus long terme aussi : celui d'une « fédération européenne ».

 

Question 3 :

La phrase soulignée insiste sur la proposition du gouvernement français, qui est alors un gouvernement de la Quatrième République. Le but étant d'associer l'Allemagne et la France dans une "haute autorité", terme désignant une sorte de groupe commun qui supervise la production de charbon et d'acier de la France et de l'Allemagne. La phrase soulignée évoque donc très clairement le lancement de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), première institution communautaire mise en place l'année suivante.

On attend dans les devoirs qu’ils identifient bien la CECA comme première forme de « L'Europe des Six », avec la participation de l'Italie et du BENELUX. C'est aussi la base d'une organisation future puisqu'elle est "ouverte à la participation des autres pays d'Europe".

 

A valoriser :

    * Notion de supranationalité contenue dans l’idée de la mise en place d’une « Haute Autorité ».

    * Idée d’une ouverture à l’Europe des Six et des élargissements futurs.

 

Question 4 :

Effectivement, cette première proposition européenne reposant sur la production commune de charbon et d'acier, a été suivie d'effets plus ou moins aboutis. Il n'est pas nécessaire de parler ici des échecs (comme la CED), il est préférable de voir en quoi l'intégration économique est réussie. C'est ainsi que les candidats pourront souligner divers prolongements : les traités de Rome, avec des politiques communes (PAC…) et l'union douanière, les élargissements ultérieurs...

On n'attendra pourtant pas un historique complet et détaillé de l'Union européenne dans les limites étroites de cet exercice ; quelques repères et exemples suffiront à montrer leur compréhension des grandes lignes de cette histoire.

L'objectif écrit dans le texte sous la plume de Robert Schuman a été à la base d'une paix durable. Le rapprochement entre la France et l'Allemagne a permis cette nouvelle construction européenne. Les idées de Robert Schuman ont donc bien été suivies d'effet.

On pouvait enfin préciser que le 9 mai a été choisi symboliquement comme jour de l’Europe.

A contrario, la « fédération européenne » jugée « indispensable » par Robert Schuman, n'a pas vu le jour.

 

A valoriser :

    * Allusion à Monnet et à d’autres acteurs de la construction européenne

    * Importance du « couple » franco-allemand. Démarche d’une construction de l’Europe sur des bases pragmatiques.