EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Déclaration gouvernementale du chancelier Willy Brandt au Bundestag (Chambre des députés), le 28 octobre 1969.

 

 

Question 1 :

Willy Brandt, ancien maire social-démo­crate de Berlin-Ouest. Ce discours est prononcé devant les députés allemands au moment où il devient chancelier de la RFA, en octobre 1969. Il lance officiellement l’Ostpolitik, la « politique orientale » qu’il mène de 1969 à 1974.

Rappeler ici la situation de l’Allemagne, coupée en deux par le « rideau de fer », et de Berlin, séparée par le mur construit en 1961.

 

Question 2 :

L’Ostpolitik est destinée à réconcilier la RFA avec ses voisins de l'Est. Brandt est convaincu que les deux Allemagne se réuniront un jour ; mais il sait que la Guerre froide ne favorise pas cette réunification. Il souhaite d’abord prendre ses distances avec les Américains, qui n’ont rien fait lors de la construction du mur, afin de préserver les chances de réunir un jour les Allemands. W. Brandt veut éviter que les deux parties de la nation allemande ne deviennent de plus en plus étrangères, il souhaite aboutir à une vie en commun et défend donc l'idée d'une coexistence nécessaire en améliorant la situation de Berlin. Surtout, il veut se « réconcilier » avec les pays de l’Est : c’est sa politique d’ouverture à l’Est.

 

Question 3 :

Dès 1970, le processus est mis en route par Willy Brandt, qui rencontre son homologue est-allemand. Les principaux traités signés le sont en 1970, avec l'URSS et la Pologne (reconnaissance des frontières issues de la guerre : frontières Oder-Neisse). En se rendant à Varsovie, il rompt avec la doctrine Hallstein, qui interdit à la RFA d'établir des relations avec un pays ayant reconnu la RDA, URSS exceptée. En reconnaissant la ligne Oder-Neisse et les frontières de la Pologne, le chance­lier fédéral reconnaît implicitement l'existence de la RDA. Lors de son voyage à Varsovie en 1970 pour signer le traité reconnaissant la frontière germano-polonaise, il s'agenouille devant le monument du ghetto de Varsovie. À Jérusalem, il reconnaît la responsabilité de l'Allemagne dans le génocide juif. Ces gestes accomplis lui valent le prix Nobel de la paix en 1971 qui lui est décerné à Oslo le 11 décembre. En décembre 1972, les deux Allemagnes signent le traité fondamental par lequel elles se reconnaissent mutuellement. Après le traité signé avec la Tchécoslovaquie en juin 1973 (annulation des accords de Munich), elles entrent ensemble à l'ONU en septembre. La RFA a rétabli des relations diploma­tiques avec les pays de l'Est.

La reconnaissance de l'inviolabilité des frontières ne pouvait qu'apporter des résultats positifs : place plus impor­tante de la RFA sur la scène internationale, grâce aux initia­tives de Willy Brandt, et reconnaissance internationale pour la RDA. L'accord quadripartite sur Berlin (septembre 1971), en garantissant les droits des puissances occupantes et le statut de la ville, Berlin, permet à des populations séparées de renforcer leurs contacts. Enfin Willy Brandt, sans abandonner l'idée de la réunification allemande, la reporte à un moment plus opportun ; sans doute l’Ostpolitik a-t-elle facilité les événements de 1989-1991.

 

Question 4 :

L'Ostpolitik constitue un préalable à la CSCE et à la détente en Europe.

Le contexte est favorable : l'URSS accepte une poli­tique qui lui permet de retrouver une influence perdue et qui donne une stature internationale à la RDA ; la France ouvre le chemin (politique à l'Est de De Gaulle) et les États-Unis, a priori plus méfiants envers l'URSS, consi­dèrent que régler les problèmes territoriaux en suspens depuis 1945 est nécessaire pour la détente.

Si jusqu’en 1962-1963, c’est la guerre froide qui a régi les rapports interallemands, à partir de cette date, notamment après la crise des fusées de Cuba, se met en place un rapprochement entre les 2 Allemagne issu d’une volonté des Allemands de gérer leur division entre eux et de ne plus dépendre du bon vouloir des deux Grands.

L'Ostpolitik est très importante pour l'Europe et l'Allemagne ; l'initiative, n'étant ni américaine, ni soviétique, montre que les relations Est-Ouest ont changé.