EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Discours d'acceptation de l'investiture républicaine aux élections présidentielles de George Bush, 20 août 1992.

 

 

Question 1 :

1. Georges Bush est Président républicain des États-Unis depuis 1988, après avoir été vice-président de R. Reagan. Son discours intervient donc durant la campagne qu'il mène pour un second mandat et il fait le bilan de sa politique extérieure. Or, c'est sous son mandat que l'URSS a implosé et que la Guerre froide a pris fin. C'est pourquoi, face à un public américain et républicain, il cherche à s'attribuer ces événe­ments pour en faire une victoire de l'administration américaine : « ce que nous avons accompli ».

 

Question 2 :

2. Il insiste d'ailleurs sur l'éclatement de l'URSS qui « n'existe plus que dans les livres d'Histoire ». C'est d'abord l'arrivée de Gorbatchev au pouvoir en 1985 qui marque véri­tablement un premier tournant. La « nouvelle pensée » de Gorbatchev consiste en effet à faire passer les intérêts soviétiques intérieurs (et notamment les défis économiques de la Perestroïka) avant ceux du bloc soviétique. Cette inflexion explique les négociations sur le désarmement (START) avec les USA et surtout la non-intervention de l'Armée rouge quand les gouvernements communistes d'Europe de l'Est sont renversés. Pour autant, l'échec des réformes menées en URSS, l'introduction d'une plus grande liberté d'expression (au nom de la glasnost) et les revendications nationalistes aboutissent à l'implosion de l'URSS en quinze Républiques indépendantes et à la démission de M. Gorbatchev le 25 décembre 1991. Avec l'élec­tion de B. Eltsine à la présidence de la Fédération de Russie, c'est la fin du commu­nisme.

 

Question 3 :

3. La fin de la Guerre froide permet l'unification de l'Allemagne : en 1990, le traité 4+2 réunit les anciennes RFA et RDA dans les frontières de 1945. De manière générale, l'Europe n'est plus coupée en deux puisque les démocraties popu­laires disparaissent - de façon pacifique le plus souvent (Révolution de velours en Tchécoslovaquie), parfois dans la violence (Roumanie) - tandis que les États baltes se soustraient de l'influence russe en refusant d'adhérer à la CEI. La fin de la Guerre froide permet par ailleurs de régler certains conflits: les Sandinistes du Nicaragua ne pouvant plus compter sur le soutien actif de l'URSS, la guerre civile qui les oppose aux Somosistes prend fin et des élections libres sont organisées. L'Afrique australe n'étant plus un lieu d'affrontement entre les deux blocs (conflit entre l'Afrique du Sud pro-américaine et l'Angola marxiste), la communauté internationale fait enfin pression sur le régime sud-africain et obtient la libération de Nelson Mandela et la fin de l'apartheid.

 

Question 4 :

4. L'ONU retrouve un rôle important, après avoir été paralysée par la Guerre froide : intervention contre l'Irak en 1991 par exemple pour mettre fin à l'invasion du Koweït. Cependant, les conflits se multiplient et le désordre semble l'emporter sur l'espoir d'une ère de paix : la chute du régime communiste en Afghanistan en 1992 plonge le pays dans la guerre civile qui voit l'émergence en 1994 des Talibans ; l'année 1992 voit aussi débuter la première guerre en ex­-Yougoslavie entre Serbes et Croates...

 

Question 5 :

5. Les États-Unis restent la seule superpuis­sance à dominer l'ordre international. Si G. Bush joue encore le jeu du multilatéralisme dans le cadre de l'ONU, les États-Unis évoluent ensuite vers le statut de gendarme du monde, quitte, sous la présidence de son fils, à choisir l'unilatéralisme.