EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Extrait de la chanson « America ».

 

 

Question 1 :

Ce document est la chanson America, extraite de la comédie musicale West Side Story, réalisée par Robert Wise et Jerome Robbins et mise en musique par Léonard Bernstein portée au cinéma en 1961 par la Métro Goldwyn Meyer. Cette comédie musicale électrique transpose l’intrigue de Roméo et Juliette dans le quartier de West Side, au coeur du New York des années 1950, sur fond de rivalités ethniques et de violences urbaines. Maria, la Porto Ricaine, tombe éperdument amoureuse de Tony, le Blanc d’origine polonaise. Mais cet amour interdit va vite déchaîner les passions entre les deux bandes rivales de West Side, l'une constituée de Portoricains et l'autre d'Américains « petits Blancs ». West Side Story est un des exemples les plus illustres de la production culturelle américaine tant par sa forme, la comédie musicale à grand spectacle, que par son budget, très important, et sa réalisation, qui s'est attachée à en faire un film grand public. Emblématique de ce que les Etats-Unis peuvent faire sur le plan artistique, ce film obtint immédiatement un très grand succès et fut cou­ronné par un nombre record d'Oscars.

Dans le lyric proposé ici, les jeunes Portoricaines rêvent du modèle américain, tandis que leurs camarades masculins, par moquerie, en soulignent les limites.

 

Question 2 :

Les éléments attirants du modèle américain (American dream) qui apparaissent dans le document sont :

-          la liberté (démocratie libérale, libéralisme, Statue de la Liberté), notamment de réussir  et donc de s’enrichir (self made man) quelle que soit son origine (melting pot)

-          la facilité de consommer (crédit, produits de consommation) bref l’American way of life

-          le dynamisme économique (immobilier, industries, Cadillac).

 

Question 3 :

Les critiques et insuffisances du modèle américain qui s'observent dans le document sont que :

-          la liberté dépend de la richesse (« tout est libre en Amérique...à condition de payer »),

-          une partie de la population connaît des difficultés économiques (« douze dans une pièce »), Amérique des petits boulots (« larbins », « cireurs de chaussures »). La pénurie de logements est grande, surtout dans les villes. Les populations immigrées sont souvent parquées dans de véritables ghettos, dans des logements de fortune et vivent dans une grande précarité et dans l’insécurité (saleté des villes, crime organisé...). Cette situation explosive encourage les violences urbaines, notamment les émeutes.

-          la discrimination est très présente : xénophobie (« accent ») et racisme (ne pas être « blanc ») vis-à-vis d'une partie de la population (salad bowl)

-          c’est une société pour les forts

 

Question 4 :

On ne peut s’empêcher de rapprocher ce texte du discours d’investiture de J. F. Kennedy à la Convention du parti démocrate en juillet 1961.

Kennedy sera à l’origine de l’établissement du " Welfare State " (ou " Etat Providence ") reprenant les théories économiques de Keynes déjà développées par les présidents démocrates Roosevelt (" New Deal ") et Truman (" Fair Deal "). Kennedy entend aussi combattre la ségrégation raciale, opprobre pour le système américain qui se veut le défenseur de la liberté et de la démocratie. En 1960, il fait promulguer une loi anti-ségrégation. Il appuya la décision d’un juge de la Cour suprême autorisant l’accès d’un étudiant noir à l’université du Mississippi en 1962. L’année suivante, il obligea l’Etat d’Alabama à ouvrir les écoles publiques aux Noirs. Ses propositions en matière de lutte contre la ségrégation aboutirent à la loi sur les droits civiques de 1964.

Mais Kennedy s’est heurté à un Congrès conservateur qui s’est opposé à la plupart des mesures qu’il entendait prendre. Il n’est parvenu à imposer au Congrès qu’une partie de ses réformes : projet Medicare et Medicaid d’assurances sociales pour les personnes âgées et les plus démunis ; aide aux régions les plus touchées par les difficultés économiques.

Paradoxalement, c’est son successeur, Lyndon Johnson, qui fit accepter au Congrès la politique préconisée par Kennedy, ceci à cause du choc provoqué au sein de l’opinion publique par son assassinat en novembre 1963. Lyndon Johnson fait voter des lois sur les droits civiques et lutte contre la discrimination raciale en 1964 et 1965 (« Civil Rights Act » et « Voting Rights Act »). Cependant, le problème noir resurgit. Les lois interdisant la ségrégation ne peuvent empêcher le déferlement des émeutes dans les grandes villes. Avec les assassinats de Malcom X (le leader des " Black Muslims ") en 1965 et de Martin Luther King en 1968, les USA sombrent dans la violence.