EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : Extraits du discours télévisé de John F. Kennedy, 22 octobre 1962.

 

 

Question 1 :

Le président Kennedy a été élu en 1961 sur un programme de réformes la « Nouvelle Frontière ». Le 22 octobre 1962, après la découverte de rampes de missiles installées à Cuba par les Soviétiques, il s'adresse à la nation par l'intermédiaire de la télévision dans un discours ferme qui lui a été conseillé par ses collaborateurs, en particulier son frère, ministre de la Justice. Le message télévisé est enregistré dans le Bureau Ovale à la Maison-Blanche, ce qui en souligne la solennité.

 

Question 2 :

Le régime politique en place à Cuba depuis 1959 est un régime marxiste Les relations entre les États-Unis et Cuba sont très tendues depuis que les États-Unis ont aidé, en vain, en 1961 des opposants au régime castriste à renverser Fidel Castro. Celui-ci se sent donc menacé et s'est récemment rapproché de l'URSS au point d'accepter la construction de bases de missiles sur son sol pour assurer sa défense.

Les relations entre les États-Unis et l'URSS sont moins conflictuelles depuis la coexistence pacifique, mais la construction du mur de Berlin en 1961 a ravivé les tensions.

La portée des missiles intercontinentaux installés à Cuba par les Soviétiques étant de 1 800 km, de nombreux points stratégiques américains peuvent être ainsi atteints avant que les États-Unis n'aient le temps de riposter (la capitale Washington, Dallas centre de l'extraction pétrolière, le canal de Panama...).

 

Question 3 :

Le discours de Kennedy est motivé par la découverte par des avions espions américains de bases de lancement sur Cuba, puis de navires de guerre soviétiques transportant des missiles vers l'île. Kennedy définit ces armes comme offensives et analyse ce mouvement comme une menace nucléaire contre la sécurité des États-Unis. On peut parler de crise dans la mesure où l'équilibre instauré depuis 1950 est rompu.

Informé du danger représenté par des missiles sur Cuba, le président Kennedy refuse la solution préconisée par les militaires de bombarder Cuba et choisit de s'adresser indirectement à Khrouchtchev par un discours télévisé à la nation.

Les mesures annoncées par Kennedy sont la mise en place d'un blocus (appelé quarantaine de manière moins agressive) pour empêcher les navires soviétiques de livrer les armes à Cuba, la menace d'une riposte nucléaire si le territoire américain, ou un de ses alliés, en particulier Berlin-Ouest, est touché et la mise en cause directe de la responsabilité soviétique avant celle de Cuba : il renvoie la responsabilité du déclenchement des hostilités aux Soviétiques.

L'expression de « diplomatie au bord du gouffre » vient de la menace de riposte nucléaire brandie contre un État qui lui aussi dispose de cette arme, entraînant l'hypothèse d'un conflit atomique.

 

Question 4 :

L’appel à l’ONU s’est concrétisé : la photographie du cargo militaire soviétique Kasimov, datée du 28 septembre 1962, montrant des éléments de fuselage d'un bombardier Iliouchine IL-28 à destination de Cuba, a été montrée au Conseil de Sécurité le 23 novembre et a servi de preuve de la menace soviétique.

Officiellement, les Soviétiques répliquent en dénonçant le blocus qui enserre Cuba, un État souverain. Ils accusent les États-Unis d'impérialisme et protestent de leur bonne volonté en rappelant les principes de la coexistence pacifique. Chacun des interlocuteurs brandit la menace de la guerre atomique.

La crise se dénoue lorsque Khrouchtchev capitule, considérant que les menaces de Kennedy constituent un danger réel si les bateaux soviétiques tentent de forcer le blocus. La fermeté de Kennedy pousse les autorités soviétiques à rappeler leurs navires, le 26 octobre 1962, en échange de quoi les Etats-Unis s'engagent secrètement à ne jamais intervenir à Cuba et à retirer leurs missiles de la Turquie et de l'Iran, d'où l'URSS était aussi menacée.

Le principe de la dissuasion graduée de Kennedy est donc couronné de succès. La fermeté de Kennedy a fait de lui le vainqueur de l’affrontement. Khrouchtchev, lui, est fortement critiqué par son camp ; pourtant, il a obtenu qu’un régime ami puisse se maintenir à 150 km des Etats-Unis.

 

Question 5 :

Cette crise est une crise typique de Guerre froide : un moment de tensions qui rompt l'équilibre instauré entre les deux Grands. Cuba rompt cet équilibre dans la mesure où le territoire américain est menacé par les missiles sur Cuba.

La crise se dénoue par le retour à un autre équilibre, en l'occurrence celui de la Détente, qui est aussi l'équilibre de la terreur : le danger d'une guerre nucléaire est tel qu'aucun n'en prend le risque.

Mais cette crise se distingue aussi des précédentes par l'affrontement direct entre les deux nations et leurs deux dirigeants. On pouvait rappeler la mise en place entre le Kremlin et la Maison Blanche du « téléphone rouge » (un télex en fait) permettant une communication directe, non plus par les ambassades.