EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : La Guerre froide analysée par Raymond Aron.

 

 

Question 1 :

1. Raymond Aron est un intellectuel français, que l'on classe plutôt à droite. Son analyse de la Guerre froide est donc assez différente d'une majorité des intellectuels engagés des décen­nies d'après-guerre qui, pour beaucoup, ont été proches à un moment ou un autre du PCF. Par ailleurs, cet entretien date de 1981 : R. Aron a le recul nécessaire sur la période qu'il évoque.

 

Question 2 :

2. Pour Aron, c'est le plan Marshall de 1947 qui marque véritablement le début de la Guerre froide. Mais pour lui c'est une réponse légitime à l'expansionnisme soviétique en Europe de l'Est : pour lui l'URSS est donc la seul respon­sable de la Guerre froide. Le plan Marshall découle en fait d'un événement plus important encore : le discours de mars 1947 de Truman, dans lequel ce dernier énonce la doctrine du containment. On entre alors dans une logique qui pousse à la rupture définitive. En réaction au plan Marshall : la doctrine Jdanov et la création du Kominform.

 

Question 3 :

3. Pour R. Aron la paix était impossible entre deux États idéologiquement si opposés, mais en même temps, la détention de l'arme nucléaire dissuadait chacun d'entre en conflit ouvert avec l'autre. C'est là la définition de la Guerre froide : un conflit idéologique qui oppose les États-Unis au nom de la défense de la démocratie libérale et de l'économie de marché à l'URSS qui incarne le communisme, mais sans qu'il n'y ait jamais d'affrontement direct (mais par pays interposé comme durant la guerre de Corée par exemple de 1950 à 1953). En effet, chacun détient l'arme nucléaire (dès 1945 pour les USA et en 1949 pour l'URSS) qui sert d'arme de dissuasion. Une autre caractéristique de la Guerre froide est donc la course continue à l'armement. Ce conflit s'est traduit par la division du monde en deux blocs.

 

Question 4 :

4. Le blocus de Berlin-Ouest a été organisé par les troupes soviétiques du 24juin 1948 au 12 mai 1949. Elles ont bloqué les routes et surtout les voies de chemin de fer qui reliaient les zones d'occupation occidentales à Berlin. Les Américains ont réagi en organisant un pont aérien pour ravitailler la ville. Comme le dit R. Aron, c'est un bon exemple de ce qu'est la Guerre froide : les Soviétiques se sont bien gardés de décréter un blocus ou d'abattre un avion, car cela aurait été un acte de guerre entraînant une riposte militaire qu'ils ne souhai­tent pas (rappelons que les Etats-Unis sont alors les seuls à disposer de l'arme nucléaire).

 

Question 5 :

5. R. Aron parle à un moment de regain de tension Est-Ouest : invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979 qui a soulevé de nombreuses oppositions en France, mais surtout crise des euromissiles. On comprend mieux la question de Dominique Wolton sur l'inquiétude qu'il y a à avoir face à la Guerre froide car on craint en Europe un conflit nucléaire. C'est d'ailleurs à cette époque que renaît un vaste mouvement pacifiste en Europe.