EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD – Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : La « révolution de Velours » en Tchécoslovaquie.

 

 

Question 1 :

1. Vaclav Havel assimile son pays, la démocratie populaire de Tchécoslovaquie, à un système totalitaire (à définir : Etat contrôle tout, parti unique –Le PC-, pas de liberté, propagande et répression, l’économie est également encadrée par l’Etat) ; la Tchécoslovaquie avait une situation de « pays satellite ». L'expression est à rapprocher de cette autre : «  le système de l'hégémonie soviétique ». II faut comprendre ici que la Tchécoslovaquie, comme presque tous les autres pays de l'Est, est soumise à Moscou et qu'elle ne peut mener de politique indépendante sur le plan international, ni même adopter des modes d'organisation politique nationaux sans que Moscou intervienne dans ses affaires.

 

Question 2 :

2. C'est sans doute la raison pour laquelle l'auteur est surpris par le cours des événements. Entre l'été et la fin de l'année 1989, les pays du bloc de l'Est renversent les gouvernements communistes, sans effusion de sang et sans que Moscou intervienne. Vaclav Havel pense sans doute ici au  printemps de Prague en 1968, quand, sous la direction du parti communiste, une politique de réformes avait été engagée et interrompue par l'intervention des troupes du pacte de Varsovie. II peut songer aussi aux répressions sanglantes des émeutes de Berlin en 1953, à la révolution hongroise de 1956, ou bien encore au coup d'État en Pologne en 1981, alors que le syndicat Solidarność (Solidarité) proposait une alternative au régime en place. Bref, jusque-là Moscou avait imposé sa loi par la force.

 

Question 3 :

3. Vaclav Havel montre bien le changement de la politique de l'URSS. II souligne que M. Gorbatchev, le numéro un soviétique, « ne [peut] plus empêcher l'émancipation [des] pays satellites ». Quelles hypothèses formuler sur cette nouvelle attitude ? L'auteur parle de la politique de la « perestroïka » conduite par la direction soviétique à partir de 1985. Celle-ci a pour but de redresser l'économie de l'URSS et aussi de laisser la parole aux populations (la glasnost). Sans doute cette politique incite-t-elle les peuples de l'Est à revendiquer les mêmes réformes. Parallèlement, Vaclav Havel souligne la situation dramatique de l'Europe centrale et orientale et les bouleversements en URSS. Il fait allusion ici à la dégradation de l'économie et aussi à la crise politique du système. Gorbatchev renonce à toute intervention dans les pays satellites et quand, en 1989 les contestations nationalistes enflent dans les démocraties populaires. M. Gorbatchev ne voit pas d'autre issue que de laisser ceux-ci choisir leur propre voie.

 

Question 4 :

4. C'est ce qui explique l'absence de résistance des gouvernements communistes en place qui n'ont plus le soutien de Moscou. Vaclav Havel insiste sur le rôle des mouvements de contestation en Europe de l'Est, mouvements parfois anciens.

En Tchécoslovaquie, les dissidents - dont l'auteur faisait partie - adoptent, en 1977, une charte exigeant le respect des accords d'Helsinki, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, de l'application des principes démocratiques. En 1989, les manifestations de masse à Prague reprennent ces revendications. Ce sont elles qui font plier le gouvernement et permettent la « révolution de Velours », révolution populaire et pacifique qui rompt avec le système pro-soviétique.

De même, la victoire électorale de Solidarność en Pologne, pendant l'été 1989, n'aurait pu être possible si ce syndicat n'avait pas incarné la volonté de changement des Polonais. En Roumanie, le refus du pouvoir de céder provoque une révolution plus sanglante. La fin des démocraties populaires est liée ainsi à l'action des sociétés civiles en lutte contre le régime.