EXEMPLE DE CORRECTION DU SUJET D’EXPLICATION D’UN DOCUMENT D’HISTOIRE

 

Mise en forme - Arnaud LEONARD - Lycée Français de Varsovie

 

 

Le candidat répond à des questions. Il doit manifester une compréhension générale du document et faire preuve de sa capacité à identifier des informations et à les éclairer à partir de ses connaissances personnelles.

Comme le prévoit la définition de l'épreuve, le candidat ne répond qu'aux questions posées. L'ensemble de ces réponses ne comporte pas de limite de volume afin de ne pas brider le candidat ayant une réflexion approfondie et des connaissances pertinentes par rapport aux questions. Toutefois le temps limité dont il dispose doit l'inciter à fournir des réponses concises.

 

Le correcteur évalue :

- la compréhension globale du document ;

- la capacité du candidat à identifier des informations et à les éclairer par ses connaissances personnelles ;

- la concision et la rigueur des réponses ;

- la maîtrise de l'expression écrite.

 

Sujet : « Le rapport secret de Khrouchtchev ».

 

 

Question 1 :

Le document proposé est un extrait du rapport présenté en février 1956 (3 ans après la mort de Staline) par Nikita Khrouchtchev, secrétaire général du PCUS (Parti communiste de l’Union soviétique) devant les délégués du XXe congrès du PCUS,.

On doit obligatoirement se demander comment ce rapport secret, dont au moins certaines parties ne devaient pas être divulguées par les délégués présents au Congrès, avait pu être publié en intégralité 4 mois après par la Documentation française.

En fait, ce sont les dirigeants communistes polonais qui ont réussi à faire sortir le rapport de l’URSS et qui l’ont fait diffuser dans la presse du bloc américain (le New York Times publie des extraits dès le 16 mars et le rapport complet le 4 juin). Le correspondant du Monde à Varsovie, Philippe Ben, ne se prive pas d’en parler. Tous les partis communistes sont alors tenus de nier la validité du rapport.

 

Question 2 :

Khrouchtchev dénonce de nombreux aspects du stalinisme :

- autoritarisme de Staline vis-à-vis du parti et de ses dirigeants

- trucage des procès et non respect des procédures judiciaires

- recours à la terreur pour faire taire toute forme de contestation ou d’opposition ; cela passe par l’élimination physique et la déportation dans les camps de travail ou goulags

- lourde responsabilité dans les défaites contre l’Allemagne durant la guerre

- responsabilité personnelle aussi dans la rupture avec la Yougoslavie de Tito

- culte de la personnalité poussé à l’extrême

 

Question 3 :

En rendant son prédécesseur seul responsable, Khrouchtchev évite de s’interroger sur les dangers du système mis en place par les Bolcheviks. Il ne remet en cause ni la planification, ni la collectivisation, ni le parti unique.

Khrouchtchev veut simplement revenir aux bases du marxisme-léninisme et, sans diminuer le rôle dirigeant du PCUS, redonner aux citoyens une place dans les affaires politiques. Mais le projet de nouvelle Constitution ne verra le jour qu’en 1977.

 

Question 4 :

C’est ce rapport qui lance véritablement la déstalinisation, c’est-à-dire la remise en cause des méthodes et de la personne de Staline.

Cette dénonciation du stalinisme provoque un espoir de changements dans le monde socialiste. Des manifestations ont lieu en Pologne et en Hongrie, pour réclamer liberté et neutralité. Mais cet espoir est de courte durée. En novembre 1956, Khrouchtchev envoie les chars soviétiques à Budapest pour écraser dans le sang la révolte hongroise. En 1961, il fait construire le mur de Berlin pour empêcher les habitants du bloc soviétique de passer dans le bloc capitaliste.

De plus, c’est le début des tensions avec la Chine. Mao Tsé-Toung, le leader de la Chine populaire, s’inquiète de la brèche ouverte dans l’idéologie marxiste-léniniste. Il se fait le défenseur de l’orthodoxie. Il s’approprie la mémoire de Staline et prend ses distances avec l’URSS.

Au niveau de l’URSS elle-même, les mesures prises par Khrouchtchev (libération de détenus, réduction de la censure, réforme de la justice, dissolution du Kominform) se révèlent d’autant plus limitées que ces réformes inquiètent le Parti et dérangent la nomenklatura. En 1964, Khrouchtchev est congédié par la coalition des conservateurs. La véritable déstalinisation est lancée par Gorbatchev en 1985, ce qui est fatal au régime soviétique.